vendredi 14 septembre 2018

La famille des Joailliers Teterger tombée dans l oubli, Eugène, Hippolythe, Henri



Cette pièce d’exposition extravagante et délicieusement décorée, décorée dans un style historique inspiré du décor «grotesque» du XVIe siècle, a été exposée à l’Exposition universelle de 1878 à Paris. Elle est de Hippolythe Sosthène Teterger. 

A part cette pièce, que reste-il de ses fabrications? Cet homme est capable de fabriquer des bijoux d'une très haute qualité comme cette Châtelaine pourquoi l avons nous oublié?
Hippolyte Sosthéne TÉTERGER est né à Pouilly-sur-Vingeanne (Côte d'Or) le 28 novembre 1832, il est décédé à Neuilly (Eure) le 14 novembre 1915. 

Eugène et Hippolyte Téterger étaient employés chez Robin père; ils y firent leur apprentissage, et c'est là sans doute qu'Hippolyte puisa le goût de la joaillerie et de la
bijouterie soignées qu'il devait fabriquer lui-même plus tard.
Les deux frères, qui avaient demandé sans succès à être associés à Robin, fondèrent d'abord rue Richelieu, 84, une maison de bijouterie, devenue par la suite celle de Mailliez,
également élève de Robin père, réputée pour ses médaillons à photographies et pour ses bijoux de deuil en onyx et or très soignés. Plus tard, Fonsèque et Olive succédèrent à
Mailliez.




C'est en 1853 que la gazette des tribunaux nous apprend que les deux frères s'associent ils seront aussi connus sous le nom de Teterger Freres




1855, rue Neuve des petits champs au N°15, Hippolyte  noté dans l'annuaire comme fabricant, est donc séparé de son frère Eugène Teterger qui lui s'installe en magasin au 24 boulevard des Italiens a Paris.




1861 Sur le catalogue des Brevets et des inventions

J ai retrouvé son brevet à l INPI
Cote du dossier
1BB52013
Type de brevet
Brevet d'invention de 5 ans
Titre
gravure sur cristal ou autres pierres transparentes
Année de dépôt
1861
Déposant
TETERGER
Adresse du déposant
Paris (15, rue Neuve-des-Petits-Champs, Seine)
Profession du déposant
joaillier bijoutier
Numéro de dépôt
52013
Date de dépôt
19/11/1861
Classe
17




1862 le Figaro



1868 le Figaro:  C'est étonnant la carrière de cette Caroline Letessié  bien connue dans la société du second empire, qui fréquenta des hommes riches et qui eut maintes procédures contre ces amants, en 1896 par exemple elle eut des démêlés avec le Baron De Heeckeren avec qui elle avait une "liaison" (d'après le Figaro) et à qui elle aurait emprunté 420.000 frs (somme énorme a l époque) de titres.C'était une comédienne qui joua au Palais Royal, aux Variétés, au théâtre Français. Elle posséda un château près de Blois



1868 Eugène Teterteger 

En 1868 Eugène est installé en boutique 24 boulevard des italiens à Paris.



Hippolythe Teterger aux alentours de 1870 produit cette très belle chatelaine.




Eugene Teterger avait été déclaré en faillite en 1867 mais avait du obtenir un délai car il avait réglé 10% de sa créance mais en 1871 il fut déclaré en faillite et cette vente eut lieu en 1872




En 1874  Henri Teterger qui a 12 ans, est couvert d' honneurs, journal le XIX° siecle


Revenons sur la Chatelaine de HippolytheTeterger que la France a laissé échapper puisqu'elle se trouve au MET a New York.



Gros plan sur la montre


La revue des beaux arts et de l art décoratif de 1878 


Gros plan du haut de la Chatelaine


A l intérieur de la montre de la Chatelaine  il est gravé



"Alors que la boîte de montre est signée par Téterger, le mouvement n'est pas signé, suggérant que le prestige du bijoutier a dépassé celui de l'horloger. Si son mouvement de haute qualité est plus apprécié en tant que bijou qu’un garde-temps, il est doté d’une technologie à la pointe du progrès" (Victor Champier)


Ainsi que je l' ai écrit plus haut cette pièce exceptionnelle se trouve au Metropolitan Museum of art et je recopie ci-dessous le descriptif qu ils en ont fait:

Henri Teterger Fils, French (Paris). Watch chatelaine in the Renaissance style. Shown
at the Paris International Exposition, 1878. Gold, platinum, and diamonds, 1. 6 /2 in.
(16.5 cm). Marked Teterger3/ rues t. Augustin/ ParisH ippteT eterger/HT. . deposeG. ift of Cele H. and William Rubin, I959 (59.43a-c) Henri Teterger was trained by his father,
Hippolyte, founder of the family firm, and succeeded him in 1862. Although this chatelaine
carries Hippolyte's trademark, given the date it must, in fact, have been designed by Henri.
Such continued use of a trademark was not unusual at the time.
The firm produced handsome, fashionable jewelry throughout the second half of the
nineteenth century, moving with smooth professionalism to Art Nouveau around 900o. The
Tetergers were prominent exhibitors in this new style at the 900o Paris Centennial Exposition and were among the foremost Parisian jewelers of the early twentieth century.

40

Ce n'est pas possible, c'est une erreur qui montre bien la difficulté de dater les bijoux et montres, pourquoi???




parce que je l' ai déja écrit plus haut Henri est né en 1862, c'est un peu tôt pour succéder à son père, cette Châtelaine et sa montre ont été faite avant de la présenter à l exposition universelle de 1878, or en 1878 , Henri a 16 ans  il est étudiant et aura son bac en 1882.
Or si un grand musée fait cette erreur, elle sera recopiée dans le monde entier.






Ce gobelet en or mat a 22 carats qui a été revendu par christie's est de Jules Brateau et Paul Grandhomme et démontre le très grand talent de Jules Brateau ciseleur. C'est Brateau qui avait travaillé avec Hippolythe Teterger à la réalisation de sa châtelaine décrite plus haut




Serait ce la femme d'Eugene ?


Ce dessin est dans la revue des beaux arts et de l art décoratif de 1878 et il était écrit dans cette revue.


"M. Téterger enfin est un habile entre les habiles pour l'exécution de ce bijou de mode éternelle qu'on nomme une bague; nul mieux que lui ne s'entend à concevoir ce bijou des fiançailles,  à en varier la forme, à choisir avec un soin jaloux la perle, le rubis, le saphir ou l'émeraude, à l'enchâsser dans des griffes invisibles, à l'entourer de diamants, à décorer l'anneau de gracieuses arabesques. Mais là ne se borne pas son goût; il apporte la même étude patiente à tout ce qu'il touche, et si entre ses parures, ses bracelets, sa garniture de
livre et ses pendants de col nous avons choisi la châtelaine et la montre, c'est parce que son habileté de joaillier s'allie bien avec la ciselure précieuse de Brateau, que l'or y alterne joliment avec la pierre, et que, si les sphinx de l'attache y étaient corrigés, ce serait un bijou parfait. Nous joignons à cette châtelaine un bracelet en joaillerie et un noeud de brillants  d'une remarquable exécution." article signé par Falize

Cette revue écrivait aussi sur les joailliers de 1878.

"Immédiatement après Massin, il faut nommer parmi nos joailliers MM. Boucheron, Vever, Fouquet, Rouvenat et Téterger.
De Boucheron nous avons tout dit, et chez Vever il faut constater surtout le goût très pur et la sobre et tranquille harmonie des formes.
Fouquet est un dessinateur élégant et fin qui ne manie pas encore le diamant avec l'audace et le bonheur de son maître, mais qui le plie à son dessin"  
 article signé par Falize


C'est la fin pour Eugène Teterger , sa faillite est clôturée


Dans la revue "Les Beaux Arts et les arts décoratifs 1878

On pouvait aussi lire ce voeu de Falize fils dans cette même revue

Bijoux, joyaux, orfèvreries sont en progrès et dénotent dans la fabrique française le goût le plus raffiné, l'entente du métier la plus complète, la possession des éléments les plus multiples, mais aussi la plus grande diffusion d'idées. En somme, l'exposition actuelle est un succès, et l'un des plus grands qu'ait eus notre fabrication parisienne.
On fait bien, mais on ferait mieux si demain surgissait un homme, un artiste capable  d'enrégimenter ces ciseleurs, ces émailleurs, ces ouvriers si différents, de les jeter dans une voie unique, de leur donner un style, de leur imposer un thème. Alors notre art grandirait d'un coup, ce ne serait pas seulement un public futile et curieux qui nous viendrait, mais de vrais et de savants amateurs. Cet artiste n'est pas né, et les curieux oublient près de leurs bibelots anciens qu'il y a encore des orfèvres en France.
L. FALIZE fils



Antic Historismus date cette croix  diamants et rubis de H.Teterger en 1880.


Cela ne peut être Henri! Car en 1882 il passe son baccalauréat, donc c'est Hippolythe




Mais Antic Historismus nous montre le poinçon, malheureusement , aucun renseignement sur  le différent du poinçon et rien sur les listes du ministère de la culture.
Il avait aussi une marque de forme carrée : un buste féminin et les lettres H.T.




1882 Henri Teterger passe son bac ce qui à l époque......




Intéressante cette facture, elle nous permet de connaître l'adresse d'Hippolythe fin janvier 1883- 31 rue neuve saint Augustin . Apparemment il faisait un peu crédit, du moins pour Marthe  Chabrier. Cette Demoiselle 15 jours avant, venait d'épouser un certain Mr Dupont, imprimeur et fils de Sénateur, et puis quelle simplicité, pour remplir la facture tout en payant son impot,, il fallait acquitter un timbre fiscal en proportion de la somme dûe, et terminé!!!




Toujours l énigme, qui est cette Femme Teterger? courtière en bijouterie!




1885 les 3200 adresses des notables parisiens, c'est Hippolythe



1889 dans le journal Gil Blas 



le 24/06/1894 Eugène est devenu Courtier en diamants




Le père et le fils sont associés et installés au 21 avenue de l'opéra




Formation d une société entre Hippolythe Teterger et son fils Henri au 21 avenue de l opéra en 1894



1895  ce beau collier  qui est à l origine de mes recherches sur les Teterger a été revendu par Maître Pestel Debord 56 rue lafayette à Paris.


Hippolythe et Henri Teterger
Collier ras de cou en or jaune 18 carats (750 millièmes) composé de violettes dans un dégradé d’émail cloisonnée blanc et mauve, les tiges recouverte d’émail vert. Dans son écrin à la forme. Très bon état, Longueur : 32 cm Poids brut : 41,4 g






C'est une bague et Vivienne Becker nous dit que c'est une femme jaillissant d un Iris.
Je crois que c'est une bague chargée de symboles.

Les Iris comme en témoigne leur représentation dans les palais égyptiens, étaient également adorées par les rois égyptiens. Les Égyptiens ont probablement été influencés par la mythologie grecque et utilisaient l’iris pour symboliser leurs relations avec le ciel.Au Moyen-Âge, la France a  commencé à utiliser l’iris pour symboliser la royauté et la puissance. En fait, c’est l’iris qui a inspiré la fleur de lys, symbole national de la France.
Il faut peut être, être français pour s apercevoir que la femme est Jeanne D'arc, il convient aussi de se remettre dans l époque qui a précédé 1900. Chacun voulait son monument 
mais je trouve que J. Deramond résume bien dans ce texte  ci-dessous
"Nous voulons montrer par la comparaison entre l’érection de monuments, la présentation d’œuvres d’art dans les salons, la diffusion d’ouvrages et de chansons, ou la représentation de spectacles au théâtre ou à l’opéra, que le culte de Jeanne d’Arc à Paris à la fin du XIXe siècle n’est en aucun cas un fait isolé, mais qu’il participe d’un engouement de toute la société. Pour cela, les sources utilisées resteront circonscrites à l’aire parisienne et à la période 1865-1900. Tours et détours autour d’une anti-Marianne, rivale d’Olympia et de Métella, symbole d’une France inquiète, qui cherche en elle l’espoir, le courage et la vitalité quand ce n’est la foi. Balade à travers les images johanniques qui font résonner accords et désaccords emblématiques, s’infiltrant dans les plus hauts lieux de « la vie parisienne »"
C'est ainsi que Henri Teterger était bien de son temps

Dommage que je sois né trop tard, j aurais aimé voir cela


"Il n'y a plus maintenant que du Lalique ou du Teterger" cité en 1899 dans le journal "La Presse." Il était donc très connu en 1900, mais que sont devenus ses bijoux,? 
Car il a apparemment beaucoup produit, et dans les ventes , magasins ou ventes publiques, il n y a presque rien.




Sobre mais c'est une merveille cette broche reprenant les petites fleurs qu on retrouve dans beaucoup de ses modèles, fleur en opales, émail vert et or en suspension une perle baroque




Dans la revue Art et Décoration , la critique est sévère, pourtant....d'autres journaux..

L'Art dans la joaillerie, "le Journal "en 1900:
"Un des souvenirs les plus durables de la défunte Exposition sera celui de ses manifestations artistiques; à côté des beaux-arts proprement dits, les arts industriels ont brillé d'un éclat particulier; et d'un amoncellement de toutes ces merveilles, du prodigieux ensemble de ces choses vues, on peut conjurer que ce siècle se termine, selon le vocable ibsénien, vraiment "en Beauté"....
C'est dans le costume, dans le meuble, dans l'ornementation des édifices, dans la mode, dans le bibelot, dans la joaillerie, dans l'orfèvrerie, comme un renouveau d'esthétique, comme une Renaissance due à nos «ouvriers» français, que leur goût et leur habileté ont, dans cette épreuve internationale classés au premier rang.

Et, puisque le mot joaillerie est venu sous ma plume, qu'on me permette, aujourd'hui, de parler de cette branche de l'industrie dans laquelle nos bijoutiers parisiens ont obtenu de si légitimes et de si retentissants succès. Au surplus, n'avons-nous pas l'approche du Jour de l'An pour excuse. Dans une note récente, l'ami Joinville signalait à l'attention des connaisseurs une pièce unique, d'un travail rarissime, un bracelet formé par une ronde de jeunes filles dansant dans une envolée de jupes d'améthystes ciselées, due au talent d'un artiste émérite, M.Henri Téterger fils."



Ce superbe bracelet a été publié dans la revue de la bijouterie , joaillerie, orfèvrerie.
Or, diamants, perles, poires baroques, diamants,  roses diamants et les jupes  sont en améthystes ciselées.
Ce merveilleux bracelet (qu'est il donc devenu?) a une histoire...l'admiration de toute une époque pour une danseuse. Loïe Fuller nom de scène de Mary Louise Fuller, née à Hinsdale le 22 janvier 1869 et morte à Paris le 2 janvier 1928, est une danseuse américaine, pionnière de la danse moderne ; elle est célèbre pour les voiles qu'elle faisait tournoyer dans ses chorégraphies. Elle inspira nombre d'artistes dont Henri Teterger



Loïe Fuller dansant

Sa première chorégraphie, la Danse serpentine, créée au Park Théâtre de Brooklyn, à New York, le 15 février 1892, connaît un succès tel, que de nombreuses imitatrices se l’approprièrent aussitôt installée ensuite à Paris, elle est remarquée et engagée aux Folies Bergère par le directeur artistique Édouard Marchand. Elle devient l'une des artistes les plus importantes et les mieux payées dans le monde du spectacle. 
Tournoyant sur un carré de verre éclairé par-dessous, sculptée par les faisceaux de dizaines de projecteurs latéraux, noyée dans des flots (parfois des centaines de mètres) de tissu léger, Fuller, métamorphosée par la couleur, emplit l’espace scénique de ses formes lumineuses en mouvement. Dans certaines de ses pièces, des miroirs stratégiquement placés et des jeux d’éclairages savamment étudiés démultiplient son image à l'infini.






Très célèbre lampe électrique de Raoul François Larche inspirée par Loïe Fuller

 Elle réussit à susciter l’admiration de tous les publics par son art démocratique, comptant parmi ses amis et admirateurs : Jean Francis Auburtin, Rodin, Lautrec, Jules Chéret, Rupert Carabin, l’astronome Camille Flammarion (elle fut membre de la société d'astronomie), Hector Guimard et les Curie . Elle rencontre ces derniers après leur avoir demandé s'ils pouvaient l'aider à confectionner un costume phosphorescent à base du radium qu'ils viennent de découvrir, leur offrant un spectacle privé pour les remercier de leur réponse négative mais pédagogique. 
Elle participe à l'exposition universelle de 1900 à Paris dans son propre « théâtre-musée ». 

Son succès ne fut pas éphémère, mais en tant que danseuse elle fut éclipsée en 1902 par Isadora Duncan, sa compatriote, qu’elle contribua à faire connaître en Europe. Malgré une longue et impressionnante carrière, elle fut pratiquement oubliée du grand public après sa mort, mais devint rapidement une référence dans l'histoire de la danse, marquant un point d'articulation entre le music-hall, la performance et la danse moderne. (Wikipedia)



"M. Téterger est un jeune et un moderne; son œuvre, déjà considérable, vaut mieux qu'une simple citation. Il a compris qu'il y a plus à faire, que d'enchâsser des gemmes en de banales griffes d'or ; selon lui, un bijou ne doit pas être seulement un moyen de présenter une pierre plus ou moins précieuse, plus ou moins grosse, mais doit surtout, pour mériter ce nom si aimable, — un bijou ! — devenir une œuvre d'art, attrayante par le sentiment de sa composition, le goût et la perfection de son exécution.

Une médaille d'or à l'exposition, en lui démontrant qu'il était dans le vrai, et qu'il avait avec lui les artistes et le public éclairé, est venue couronner ses intéressants efforts. 

Mme Téterger, sa gracieuse collaboratrice pour les dessins, fut favorisée d'une médaille d'argent, unique récompense décernée dans cette classe à la collaboration féminine. Ces deux distinctions, pour une maison qui ne compte que trois années d'existence, sont un témoignage bien mérité de sa haute valeur.
Une mode toute récente, qui a fait son apparition dans le monde officiel, vint, D’ailleurs prouver à l'habile joaillier en quelle estime il était tenu, pour ses oeuvres et pour son talent.
Plusieurs de nos ministres, pour remercier les artistes qui venaient embellir leurs fêtes et leurs soirées, ont demandé à M. Téterger fils de composer pour eux, et surtout pour elles, des bijoux qui seraient à l'a fois d'exquis souvenirs et des œuvres rares. Ce sont là jolis cadeaux pour entretenir l'amitié et qui sont une délicate preuve de goût de la part des donateurs.

L'Exposition est finie, mais la vitrine de M.Téterger n'a pas disparu pour cela. Si vous allez flâner du côté de la rue de Rivoli, au numéro 250, vous pourrez admirer des collections bien faites pour charmer. Ici, c'est un collier orné de libellules, là des bagues à tête de lion d'une ciselure remarquable ; une broche est formée d'une tête de femme qui emprunte à l'opale les transparences de son teint et dont la chevelure éparse est couronnée d'une guirlande de brillants.

Voici encore des bagues de fiançailles absolument originales, et, a côté d'objets de grand prix, des bibelots divers de réelle valeur, mais mis à la portée des fortunes les plus modestes.
Entrez dans le magasin — je devrais dire « le temple des collections » — et vous en ressortirez émerveillé, les yeux encore tout éblouis de l'éclat des gemmes, des opales, des émeraudes, des chrysoprases, des diamants les plus purs, et l'esprit tout étonné du cachet artistique et de la fantaisie que sait donner M. Téterger fils à ce véritable bonheur des dames qu'on a si gentiment dénommé : le bijou !"



 Mme Téterger, sa gracieuse collaboratrice pour les dessins, fut favorisée d'une médaille d'argent, unique récompense décernée dans cette classe à la collaboration féminine. 

Et s il est vrai que peu de bijoux  de Henri sont parvenus jusqu'à nous, il y a , chance extraordinaire la collection de dessins de Stefan Stern, et mon ami allemand, a bien voulu m' adresser un DVD sur lequel il a copié plus de 1300 dessins de Teterger, s'il n'y a pas d'oeuvres exceptionnelle, il y a des dessins de bijoux témoins de l'époque, avant et après l' art nouveau, je vous recommande son site qu il commence a organiser et je vais donc vous proposer une sélection de ces dessins

https://www.grafische-sammlung-stern.com/Impressum/

Si vous avez des dessins de bijoux, vous pouvez lui envoyer un petit courrier et lui en faire don.....



Des pavots


Des dos de boites de montres




Celui ci aurait pu être fabriqué en 1940



Idée adorable,: cet écureuil en cage




Dans la Chronique des arts en 1900 la médaille d'or obtenue par  Henri Teterger, à l égal des grandes maisons qui sont toujours en place  de nos jours au 21 eme siècle, vous pourrez voir dans cette liste de Joailliers ayant obtenu une médaille d or, un autre oublié Leon Vaguer


Broche de Léon Vaguer


Ce n'est pas une bague, c'eût pu être!!!! mais un beau coulant de foulard en or 750 millièmes satiné, stylisant le profil d'une femme à la longue chevelure mouvementée. Dans un écrin de la maison Henri Teterger Fils. Travail français vers 1900.



Inspiration Égyptienne



Bracelet Manchette? Collier de chien?



Ces deux dessins (dessus et  dessous) rappellent des pièces de Gaston Lemonnier dans les années 1850 adaptées à l' époque Teterger



Quel rendu de l émeraude!


La clef du bonheur, il avait proposé plusieurs dessins si vous voulez voir les autres 



Dans "la Mode et le bijou" en juillet 1900 il est écrit:  
"Les visiteurs sont vivement intéressés par les bijoux exposés dans la vitrine de M. Téterger. Tous les objets qu'elle contient ont un caractère d'Art moderne très réussi. Beaucoup de ces objets comportent des émaux qui, par les soins apportés à leur exécution et la parfaite harmonie des tons, dénotent chez leur auteur une connaissance très étendue de son Art."





Beaucoup de dessins de Madame Teterger  sont réalisés avec des pierres couleur bleu-clair, ils utilisaient souvent des pierres de lune


Henri Teterger, or et pierre de lune



Très moderniste








Proposition d'éléments de mailles différentes



Bordée de compliments dans "Le Journal" année 1900



Très bel objet art nouveau. 
Le commissaire priseur  Sotheby's a noté 1900 comme date. En bronze, la monture sertie d'opales et de verre coloré mauve
Hauteur: 25 cm.  Largeur: 17,5 cm.  Profondeur: 10 cm Signé Hri Téterger Fils gravé au revers




Encre de Chine, on dirait du Eugene Fontenay



Des pierres de lunes apparemment











Vu le manque d'archives, toutes les ventes publiques datent les bijoux et objets Teterger en 1900, ce peut être avant ou après .

Pour essayer de préciser la date de fabrication des bijoux, j ai cherché à quelle date et à quel endroit se trouvaient les Teterger, par exemple

1862: année de naissance de Henri , Hippolythe Teterger Joaillier est au 15 rue Neuve des Petits Champs. et Eugène est 84 rue de Richelieu
1873: Hippolythe Teterger est au 15 rue Neuve des petits champs.
1878: Eugene Teterger est 31 bis faubourg Montmartre et Hippolythe est 31 rue neuve saint augustin.
1878: Eugène est toujours  au 31 bis faubourg Montmartre.
1880: Eugene est au 40 rue de provence sous la rubrique Diamants et bijouterie et Hippolythe Joaillier bijoutier fabricant 31 rue neuve saint augustin.
1884 Eugene Teterger ainé est 18 rue grange bateliere: et Hippolythe 31 rue Saint Augustin note sur l almanach, Médaille d or à l exposition universelle de 1878.
1901 Henri Teterger  fils 248 rue de Rivoli présenté dans la catégorie Bijoux d'Art tel 271.80, et son père Hippolythe Joaillier Bijoutier 21 avenue de l opéra






1900 Médaille d'or 





1900, avant ou après, pas de précisions pour ce beau pendentif  à motif d'arbre stylisé en or texturé et feuilles d'émail de couleur vert mat, avec une émeraude au centre de chaque , une perle baroque en suspension (Vivienne Becker)



Il est triste le petit chien! mais si bien rendu.







Son cachet sur les dessins







1900 septembre  Revue de la BJO



Broche pendentif Cyclamen en or émail opalescent et pierres de couleurs admirez l embouti et le rendu des feuilles, apparemment il devait y avoir une pierre dans chaque petite fleur ( Environ de 1900)


1901 dans la revue des Arts Décoratifs

A propos de l exposition universelle de 1900:
"Ce fut une joie et une fierté quand dans ce  palais d'une architecture plateresque, si compromettante pour le goût français, on vit, grâce à nos maîtres de la bijouterie, de la joaillerie, de l'orfèvrerie, Lalique, Falize, Vever Thesmar, et bien d'autres..........
Dans la joaillerie, ne convient-il pas en effet  de rappeler aussi Teterger, Bing, Ecalle, Nocq Gaillard, Fouquet, René Foy, Feuillatre, Rivaud, et, dans l'orfèvrerie, ces artistes encore, dont l'exécution, si probe et sincère, est supérieure toujours (Odiot Boucheron, Froment-Meurice, Boulenger, Tallois, Aucoc, Boin-Taburet,Sandoz, Cardeilhac, Debain, Gaillard, Louchet, et Christofle en si grand progrès, et Dufrêne pour sa petite orfèvrerie d'argent, et les maîtres de l'étain, Brateau le premier de tous, et Desbois, P. Roches Charpentier , Laporte Blairsy, Perreux, Vibert?"
Article de Jean Lahor en 1901




1901 decembre dans "Le Journal"


1904 Revue de la BJO












Il y a les dessins de Teterger mais grâce à l' étude de Maitre Millon a Paris, nous connaissons ses écrins, sur cette photos de la vente, 7 proviennent de la maison Teterger. le lot a été vendu 250€, cela sert toujours pour offrir et puis aussi à certains professionnels de l ancien pour y  mettre des bijoux n ayant rien a voir avec Teterger mais vendus comme étant de lui. C'est humain, mais je vous mets en garde, un ecrin n'est pas une preuve.




1905/07/04 dans le Figaro

En 1905 Henri Teterger était membre du comité d'admission et d'installation de l Exposition Universelle de Liège

Le 4 juillet 1905 pour l Exposition Universelle de Liège Henri reçoit la princesse Clémentine Albertine Marie Léopoldine princesse de Belgique, duchesse de Saxe, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha qui fut aussi Princesse Napoleon



1908

En 1908 Henri est membre du comité d'organisation il est chargé d'organiser la collectivité de la bijouterie joaillerie orfèvrerie. à l exposition de Saragosse



Henri Teterger une Libellule sirène avec une opale, émail sur or et perles


Teterger a fabriqué un très grand nombre de boucles de ceintures, dans tous les métaux , en or, argent, vermeil, métal doré.



Revendue par Sotheby's : boucle de ceinture en métal, dorée ornée de chardons gravée Hri TETERGER FILS, Paris, vers 1900,  




Il signait toutes ses boucles ainsi



Metal doré galerie Tadema


Trèfle a quatre feuille or et émail avec un diamant Henri Teterger




Vever le cite pour l'année 1907


1908 

En 1908 aussi, à l'exposition de Londres,  Henri Teterger est membre du comité d'admission et d'installation, secrétaire de la classe 95 (bijouterie joaillerie) il remplit les mêmes fonctions pour les classes 94/96/97 (orfèvrerie, horlogerie,bronzes) hors concours, membre du jury, Secrétaire du jury de groupe, Rapporteur de la bijouterie joaillerie(sections anglaise et française)


Exposition de Londres en 1908


Faillite d Hippolyte le père de Henri le 11/09/1909 



En 1909 à Copenhague, à l exposition d'Art décoratif, Henri est membre du comité d'organisation, secrétaire pour la section des arts du métal.




Exposition de Londres en 1908

En 1910 à l'exposition de Bruxelles, Henri Teterger est membre du comité d'admission et d'installation, secrétaire de la classe 95 (bijouterie, joaillerie) et remplit ces mêmes fonctions pour l orfèvrerie et l horlogerie)



En 1910 Henri reçoit la légion d honneur





En 1922 Henri est toujours installé rue de Rivoli




Lui qui avait reçu la Reine d Angleterre, qui aimait Londres, que dirait-il de se voir remplacé au 248 rue de Rivoli ou il était installé, par une Librairie Anglaise abritant à l'étage un confortable salon de thé!

Henri Teterger était aussi fabricant de médailles





Par exemple celle ci sur le site tres interessant : 
http://www.bertrand-malvaux.com

MÉDAILLE DE L'ASSOCIATION DES DAMES FRANÇAISES, 1914-1918.
Médaille circulaire en bronze avec boucle intégrale pour suspension de ruban.
Côté face, grande croix centrale, ceint de branches de feuilles de chêne te de laurier, dans laquelle s'entourent les plis d'un drapeau.
Au revers, cartouche central ceint de feuilles de lierre et une grande palme. Sur le pourtour est gravé l'inscription suivante : 'SOUVENIR DE LA GRANDE GUERRE', 'ASSOCIATION DES DES DAMES FRANÇAISES', signé 'TETERGER · ÉDIT' (artiste français de l'Art Nouveau) et 'H.Cuzin'. Ruban blanc avec Croix-Rouge brodée.
Le Société Française de Secours aux Blessés Militaires a été fondé le 25 mai 1864. En 1879, après des désaccords relatifs à la participation de femmes, particulièrement dans les zones de conflit, l'Association dissidente des des Dames Françaises (ADF) a été créée sous la direction de docteur Duchaussoy.




C'est une médaille de bronze de 4,1 cm de diamètre d'origine française 
Elle porte: 
    • à l'avers, l'image d'un soldat noir montant à l'assaut coiffé du casque Adrian. Au-dessous de lui, une scène champêtre décrivant sans doute le ramassage du coton pour rappeler l'origine des troupes de ce régiment. Enfin, une banderole avec l'inscription en latin tirée d'un vers d'Horace "Il est doux et beau de mourir pour sa patrie". Sur le listel on remarque les noms Samusson (probablement l'auteur du dessin) et J.P. Legastelois (célèbre graveur de médailles français). 
    • Au revers, une étoile au dessous de laquelle marche un lion et un écu portant le nombre 371, et deux emblèmes: en haut celui de la 93ème Division d'Infanterie américaine et en bas celui de la 157ème Division d'Infanterie française. Partant de l'écu des rouleaux révèlent la date 1918 et les dates et noms des combats les plus importants auxquels à participé ce régiment: 28 septembre, prise de la Cote 188 / 29 septembre, prise du village de Montfauxelles (situé dans le département des Ardennes, à la limite de celui de la Marne, le village d'Ardeuil-Montfauxelles fut totalement détuit en 1918) / 1er octobre, prise de la Ferme de Brière. Après la Première Guerre mondiale, les anciens combattants du 371ème Régiment d'Infanterie firent ériger dans ce secteur un monument en mémoire de leurs camarades tombéss en 1918. Sur le listel, on retrouve les initiales S (pour Samusson) et JPL (pour Jean-Pierre Legastelois) mais aussi l'inscription Henri Teterger-Paris.




Médaille de Lindbergh


J ai découvert qu il avait un catalogue de ses médailles sur le site:  http://www.numismatique-en-maconnais.fr




Si vous avez des photos de ses bijoux, des compléments d'information, je complèterais de suite cet article
Vous pouvez laisser des commentaires après l'article ou m'écrire, richard.jeanjacques@gmail.com


Rue de la Paix en 1923

ul class="slides">