lundi 18 juin 2018

Jules PORGES: Le Roi du Diamant

Cet homme eut trois vie, sa jeunesse à Prague, sa réussite extra-ordinaire dans les mines de diamant, puis apres sa retraite à 52 ans, sa vie Parisienne très mondaine.




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Jules Porges fut un grand diamantaire, un industriel français.

Il est né le 25 mai 1839 à Vienne en Autriche, sous le nom de Yehuda Porgès, son père était un Joaillier tchèque, il s'appelait Maurice Porgès, sa mère était née Henriette Reitlinger, les deux sont issus de grandes familles bourgeoises juives austro-hongroises de Prague. C'est en 1857 après avoir déménagé à Paris qu' il a changé son prénom de Julius en Jules.

Il avait 18 ans et venait de rejoindre son frère Heinrich qui se trouvait à Paris, il crée la société Jules Porgès et devint diamantaire.
Rappelons qu'a l'époque la production de diamants au brésil ralentissait et on venait tout juste de découvrir des diamants en Afrique du Sud, mais il avait appris que la mine de Kimberley se developpait rapidement. Lorsque la mine de Kimberley fut découverte, Jules Porgès & Co était la plus importante des sociétés diamantaires et avait une forte participation dans le commerce des diamants à Amsterdam.
Jules Porgès s'aperçut rapidement que la production des mines de Griqualand West allait transformer toute la nature et l'échelle du marché mondial des pierres précieuses.
En plus d'une société de commerce de diamants prospère Jules Porgès & Co., il possédait également une usine de polissage à Amsterdam. Évidemment il voulut très vite pouvoir importer lui-même des diamants bruts

Article sur  année 1867 écrit en  1898 

Sur les conseils de son associé Charles Wernher, il fait l'acquisition de concessions en Afrique du Sud sous le protectorat anglais, devenant ainsi également producteur, il a eu du flair en réalisant qu il avait une occasion exceptionnelle de s imposer dans cette industrie si nouvelle.

En 1873 il envoie donc deux hommes de confiance qui ont déjà travaillé pour lui à Paris, Alfred Beit et Jules Wernher, ils vont le représenter sur place, a l'époque, c'était un long voyage et Jules Porges ne se rendra en Afrique du Sud qu'en 1876




1873


Werhner et Beit vont donc s'approvisionner en diamants bruts en établissant un bureau d'achat sur place. Beit était un ancien trieur de diamants à Amsterdam , c'est a dire celui qui trie les diamants bruts d'après les critères de poids, de forme, de pureté et de couleur, en tenant compte aussi de considérations économiques.

Jules Porgès a fait de Beit son unique représentant et acheteur à la mine, il devient ainsi  un acheteur important des marchandises de Kimberley. À l'époque, Kimberley était un assemblage de nombreuses petites concessions minières de diamants, avec de nombreux chercheurs ayant  des connaissances
limitées sur les diamants ou la façon de les évaluer. Le rôle de Beit était donc primordial.

Alfred Beit est d'abord envoyé à Port-Elizabeth par ses cousins, les Lippert, qui en font leur représentant à Kimberley où il assure le lien avec Julius Werhner et Cecil Rhodes.
Avant 1875 il possédait déjà environ 10 % des mines de diamants à Kimberley Entre 1875 et 1880 il acquiert de nombreuses mines en Afrique du Sud en particulier sur les quatre premiers sites producteurs de diamants: De Beers, Bultfonteine, Dutoitspan et Kimberley   en association avec le britannique Cecil Rhodes.




Livre: Diamants et pierres précieuses de Éd. Jannettaz, 
Em. Vanderheym,... E. Fontenay,... A. Coutance.


Les frères Diederik Arnoldus et Johannes Nicholas de Beer sont des Boers, L'histoire de la De Beers commence sur leurs champs diamantifères d'Afrique du Sud, plus précisément dans la région de Kimberley où le premier diamant fut découvert en 1866. En quelques années, des hordes de prospecteurs accoururent vers Kimberley, rapidement intégrée à la colonie du Cap, et sur les rives des fleuves Vaal et Orange.
En 1873  le jeune aventurier britannique Cecil Rhodes et son ami Charles Rudd commencèrent à investir dans les matériels de prospection et réinvestirent leurs bénéfices en rachetant progressivement toutes les concessions diamantaires.

En 1880 Rhodes et ses partenaires, principalement Jules Porges fondent la De Beers Mining Company Ltd. Celle-ci subit pendant quelques années une vive concurrence de la Barnato Mining Company, de Barney Barnato pour tenter de prendre le contrôle des mines sud-africaines. Finalement, prenant l'avantage, la De Beers force Barnato à fusionner et c'est ainsi qu'en 1888, la De Beers Consolidated Mines Limited est fondée sous la présidence de Cecil Rhodes. Le groupe concentre alors la propriété de quasiment toutes les mines d'Afrique du Sud et 90 % de la production mondiale de diamant (
Source De Beers consolidated Mines )



Anna Wodianer épousa en 1877 le diamantaire Jules Porgès ,installé à Paris dans les années 1860. Tous deux obtinrent la naturalisation française en 1898.



Photo prise par Lippert qui travailla pour Jules Porges, ce n'est pas encore le grand trou dans lesquels les mineurs dans leurs "Claims" vont s enfoncer




Mine de Kimberley, tous ces petits rectangles sont des Claims, c'est a dire des titres de propriétés vendus à des mineurs pour exploiter la mine.

La Compagnie Française possède 94 claims (1 claim a environ 961 pieds carrés de: surface) qui, avec le matériel, ont coûté 13,058,119 fr. ; le reste du capital constitue son fonds déroulement. 
Ces 94 claims, qui reviennent en moyenne à 138,500 fr chacun, forment, comme surface, environ le quart de la mine de Kimberley et en représentent la partie considérée de beaucoup comme la plus riche.
Depuis la formation de la Compagnie française, une autre Compagnie s'est formée au Cap ; elle a compté ses claims sur le pied de 212,500 fr. Malgré la différence énorme existant entre ces prix et ceux auxquels les claims de la Compagnie française ont été achetés, cette nouvelle Compagnie a placé immédiatement à Kimberley même toute la part de son capital qu'elle offrait à la souscription publique.
Les nouvelles reçues sont très favorables, car, malgré les pertes de temps qu'occasionne l'installation d'une telle entreprise, plus de 1,450,000 fr. (un million quatre cent cinquante mille francs) de diamants ont été envoyés à la nouvelle Compagnie pendant les 12 premières semaines de son fonctionnement. Un sondage qui a été fait a montré qu'à une profondeur de 450 pieds (mesure extrême à laquelle les instruments ont permis d'aller), on a trouvé des terres diamantifères du plus bel aspect : d'ici à de très longues années, on n'a donc nullement à craindre l'épuisement de la mine.





Ceci est le plan des claims de la mine de kimberley, et au fut et à mesure que les propriétaires de claims ont fini de trier et évacuer la terre, ces petits bouts de terrain se trouvent descendus dans la cheminée centrale diamantifère. C'est pour cela que Porges et d'autres vont essayer de regrouper par l achat, plusieurs claims.
En 1879, il se concentra de plus en plus sur la mine de Kimberley, en créant une filiale pour la contrôler, la Compagnie Française de Diamant du Cap de Bonne Espérance, qui avait un capital initial de quatorze millions de francs divisé en actions de 500 francs.




La petite ville  qui s'installa avec les mineurs de diamants


En deux ans, la société française distribuait des dividendes de quatre-vingt francs par action.
Cette nouvelle société crée en 1880 taille des diamants à Amsterdam et dès sa création, comme nous l avons vu plus haut réalise un chiffre d 'affaire extraordinaire pour l'époque de 50 millions de francs, mais pour mieux apprécier la somme, c'était la moitié des ventes mondiales de diamant et pourtant elle ne détient qu'un tiers des mines d'Afrique du sud
.




Porges en 1875

.Par l'intermédiaire de Beit, Porgès devint un proche associé de C.J. Rhodes, qui l'incita finalement à persuader les actionnaires français de céder leurs intérêts à la nouvelle société De Beers.
Ainsi, Porgès devint une figure de proue du mouvement de fusion, qui aboutit en août 1887, lorsqu'un syndicat formé par les Rothschild à avancé la somme de 1 400 000 livres sterling pour l'achat des actions françaises.
Porgès était lié à Rudolphe Kann, un financier célèbre de Paris, et à travers lui, il a réussi à intéresser les Rothschild, qui ont fourni le capital dont Rhodes avait besoin pour acheter des parts de Kimberley Central.
Bien que l'on attribue habituellement à Beit, la collecte de fonds qui a permis à Barney Barnato de prendre ses responsabilités, c'est en fait Porgès qui en était responsable.





1880 mine de diamant du Cap


MINES DE DIAMANTS DU CAP
Les actions de la Compagnie française des Mines de Diamants du Cap récemment admises à la Cote officielle, restent demandées à 725 fr. Les mines appartenant à cette Société forment comme surface environ le quart de la mine de Kimberley, qui est la plus riche de toutes celles découvertes dans le pays. Elles sont en pleine exploitation depuis 1871 et ont fait la fortune de leurs anciens propriétaires qui, d'ailleurs, restent fortement intéressés dans la nouvelle Compagnie. Celle-ci sera en mesure de faire l'exploitation d'une façon encore plus avantageuse que par le.passé; la concentration des services permettra des économies considérables; dans les douze premières semaines de son fonctionnement, elle a envoyé en Europe des diamants pour la valeur de 1,450,000 fr. Les frais d'exploitation peuvent être évalués à 50 0/0, ce qui donnerait 725,000 fr. de bénéfice net pour trois mois, soit de 21 0/0 environ pour la première année. Il est vrai que les produits d'une exploitation minière ne peuvent être capitalisés au taux admis pour les valeurs à revenus fixes; mais la marge est grande et nous paraît plus que suffisante pour compenser les risques éventuels.
L'administration de la Société est des plus heureusement choisie ; elle se compose de : .
MM. Antoine Konigswarter, président; Jules Porgès, vice-président et administrateur délégué ; Isaac Lewis, administrateur délégué; Germain Bapst; Ferdinand Herz; L Charles Lourdel , Rouvenat; .
Charles Mège; Louis Taub; Émile Vanderheym président  de la chambre syndicale des marchands de diamants. Que des grands professionnels parisiens.



Un anglais avait aussi constitué un petit empire, Barnato Avec son frère, il forme la Barnato Diamond Mining Company, qui rachète les mines de diamants épuisées ou mal gérées. En dix ans, ils amassent , mais le frère aîné décède. Barney Barnato se heurte alors au britannique Cecil Rhodes député et futur premier ministre de la colonie du Cap.
Cecil Rhodes va éliminer son rival Barney Barnato pour constituer un premier conglomérat, la «De Beers unifiée », qui rachète la Kimberley Central Mining Company détenant les parts de Barnato, Le chèque, le plus gros jamais signé à cette époque, s'élève à 4 millions de Livres sterling (soit 100 millions de francs-or de l'époque et l'équivalent de 2 milliards de £ en 2010) (Wikipédia)

Il y avait toutefois des ingenieurs et des investisseurs qui croyaient fermement dans le potentiel du Rand et agissaient en conséquence. Ies premiers rôles revenaient, comme à Barberton, aux magnats du diamant de Kimberley. Et tout d'abord à Joseph Robinson, originaire de la Colonie du Cap, à qui sa brutalité en affaires valait une sinistre réputation. Bien que perclus de dettes, il débarqua dans le Rand avec suffisamment de capitaux pour acheter de grandes parcelles de terrain
un peu partout, et jeter ainsi les bases d'une fortune fabuleuse. Alfred Beit, son pourvoyeur de fonds, né à Hambourg et formé à Amsterdam, était devenu le diamantaire le plus ingénieux et le plus fortuné de tous ceux que comptait alors Kimberley. Beit était associé à deux autres Allemands. Julius Wernher et Hermann Eckstein. Tous trois avaient commence leur carrière dans la société Jules Porgès & Cie, une maison de commerce internationale dont le siège se trouvait à Paris et dont le
fondateur Yehuda Porges, né à Vienne et élevé à Prague, avait dix ans auparavant quitté la Ville lumière pour celle du diamant et avait à présent des vues sur la ville de l'or en pleine construction.
Cecil Rhodes était lui aussi bien évidemment de la partie, ainsi que son Fidèle associé charles Rudd. Rhodes était connu à Kimberley comme l'homme qui achetait tout à tout le monde, ou, plus exactement, qui achetait tout et tout le monde. Diamants, installations de pompage, chevaux, concurrents, tout à ses yeux se négociait.
Extrait de : L'Or, l'Empire et le sang - La guerre anglo-boer (1899-1902) De Martin Bossenbroek




1888 la famille Porges dans l annuaire parisien


Ce qui n empêchera pas Barnato de devenir lui aussi député de Kimberley de 1889 jusqu'à sa mort. Il va d ailleurs doubler sa fortune avec  le boom des mines d'or de 1894–95 mais reperdra une grande partie dans la crise boursière des mines sud africaines du début 1896 causée par leRaid Jameson.

En 1895 , à la suite des conflits politiques entre Cecil Rhodes et Kruger, Jameson rassemble une armée privée de 500 hommes armés de huit mitrailleuses et trois canons pour renverser le gouvernement du Transvaal sous prétexte de protéger les travailleurs étrangers en révolte contre le gouvernement Fin décembre 1895 il lance depuis le Béchuanaland un raid contre le Transvaal
Le raid Jameson est généralement considéré comme le casus belli de la seconde guerre des Boers Il déclenche un krach des mines d'or sud-africaines sur les bourses de Londres et Paris, qui s'ajoute aux secousses venues Amérique après la panique boursière de 1893 (d'après Wikipédia)



Bureau de Porgès en Afrique du sud


1890 avec sa femme et sa fille, il a 61 ans

Pendant ce temps, Porgès qui était retourné en Europe en 1880,  a revisité l'Afrique du Sud après l'ouverture des champs aurifères de Witwatersand.
En association avec Beit et Wernher, mais faisant également largement appel aux services de Hermann Eckstein et Eduard Lippert, Porgès a acquis des participations dans de nombreuses propriétés minières dans et autour de Johannesburg.
Il a également été le fondateur du célèbre groupe minier et financier connu sous le nom de «Corner House» (leurs bureaux ont été érigés dans un coin sur le site de Market Square, à Johannesburg).

Il fonde la Compagnie financière et minière Corner House de Market Square à Johannesburg avant de se retirer de ses entreprises sud-africaines en 1890 à 52 ans, pour réinvestir une partie de sa fortune dans l'immobilier parisien.

Porgès était un homme d'une grande élégance et de charme, et aussi l'un des hommes d'affaires les plus astucieux.
Il a évité la publicité sur lui même et il n'y eut aucune annonce de sa retraite, ou discours d'adieu.
L'histoire sud-africaine le mentionne à peine, et il n'y a pas de biographie ni de portrait peint de lui.
Pourtant, il a eu une influence profonde sur les affaires de la République du Transvaal et a été le fondateur de l'entreprise qui devint finalement la Central Mining & Investment Corporation de Londres et de Johannesburg.



1891 dans la grande Revue


1891 la grande Revue
Quelques indiscrétions nous permettent de soulever un coin du voile encore sur le seuil de l'hôtel du prince et de la princesse de Léon.
Parmi les invités qui s'y succéderont, nous pouvons mentionner une noce Directoire conduite par la princesse de Wagram et une troupe de pierrots et de pierrettes, d'arlequins et d'arlequines dirigée par la princesse Murât, déguisée en Colombine. La duchesse d'Uzès arrivera sur un palanquin tenu par de véritables nègres, la duchesse de Luynes, sa fille, sera dans une chaise à porteurs, entourée de seigneurs et d'abbés de cour. On dit merveille du costume de Mme Jules Porgès qui sera en mine de diamants, allusion spirituelle à l'origine de la fortune de son mari. Enfin il y aura une reine, mais pas une reine de circonstance, Sa Majesté la reine Isabelle qui a promis d'honorer la fête de sa présence, avec tous les attributs du pouvoir royal.


Jules Porges et surtout sa femme vont rapidement s'intégrer à la vie parisienne et a son aristocratie
L' épouse viennoise de Jules, d’une grande beauté, souhaitait revivre dans l'esprit des dernières années de l ancien régime français.


Chateau d'Asnieres

En 1892 Jules et Anne Porgès font construire par Ernest Sanson un Hôtel Particulier qui n'existe plus aujourd hui, cet hôtel est inspiré du Château d' Asnieres, construit par Jacques Hardouin- Mansart de Sagonne, l'arriere-arriere petit neveu de François Mansart précurseur de l architecture classique.
Jules Porges avait racheté la maison Pompéienne du prince Napoléon, qui était le frère de la princesse Mathilde et portait le même nom que son père, le roi de Westphalie. son surnom était Plon Plon.

Jules y placera son étonnante collection de tableaux parmi lesquels des Le Lorrain, Bruegel, Van Dyck, Rubens, Rembrandt . Son palais est 18 avenue Montaigne et ils y donneront de fastueuses fêtes.


Hotel Porges, avenue Montaigne aujourd'hui détruit

Après la mort de Mme Jules Porgès, l'hôtel fut vendu, puis survint la Seconde Guerre mondiale. Les allemands firent construire dans le jardin un blockhaus pendant l'occupation. Puis l'hôtel fut rasé et remplacé par un immeuble moderne.
I


1893 l annuaire des artistes


1895 dans le bulletin Municipal


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Le Bazar de la Charité est une vente de bienfaisance mise sur pied en 11885 par le financier Henri Blount et présidée par leBaron de Mackau. Le principe en était de vendre des objets , lingerie et colifichets divers, au profit des plus démunis.
Organisé aux n° 15 à 19 de la rue Jean Goujon, le Bazar est le théâtre, le 4 mai 1897 d'un dramatique incendie causé par la combustion des vapeurs de l'éther utilisé pour alimenter la lampe du projecteur du cinématographe encore une nouveauté à l'époque.
La catastrophe coûte la vie à plus de cent vingt personnes, la plupart étant des femmes charitables issues de la haute société parisienne. On retrouvera parmi les victimes, entre autres,Sophie Charlotte Duchesse d'Alençon (sœur de l'impératrice "Sissi")
La tragédie, qui a marqué bien des esprits de l'époque, a suscité de nombreuses réactions, dont certaines mettant en question l'avenir du cinéma , jugé responsable, considéré alors non comme un art, mais comme un simple divertissement de foire (source Wikipedia et Gallica)


1897 Les donateurs pour l incendie du bazar de la charité


Sophie de Wittelsbach (1867) soeur de Sissi



1897 Jnal Le Radical



189. La terrible Catastrophe du 4 mai 1897. Liste complète des victimes, des blessées et des blessés, des sauveteurs et des bienfaiteurs...
LISTE DES RÉCOMPENSES
décernées aux sauveteurs de l'incendie du Bazar de la Charité.
Médailles d'or de 2° classe.
Mlle JEUNEHOMME.
Mme METTERN, née Marie-Marguerite ANTOINE, lingère.
Mme SURREAULT, née Victorine-Adrienne DAMOY, propriétaire.
M. Léon TÉGUI, peintre en bâtiments.
M. Georges PILACLET, ouvrier doreur.
M. Jean-Jacques SERRE, ouvrier doreur.
M. Fernand MICHAUX.
M. Jules PORGÈS.
M. NORIOT, commissaire de police divisionnaire.
M. PRÉLAT, commissaire de police des Champs-Elysées.

La famille Porges eut des blessés lors de cet incendie du Bazar de la Charité






Madame Porges fit partie des locomotives de la vie Parisienne et si elle donnait beaucoup de grandes réceptions , elle assistait aussi aux réceptions nombreuses du tout Paris. Tous les articles de l'époque attiraient l attention sur sa grande beauté.


 2 janvier 1897  dans "la vie Parisienne"



1898 dans le Jnal Le Matin



19-10-1899 dans le JDD


journal l'Univers  Madame Porges a des ennuis






1899-1902 Le Chateau de Rochefort construit par Jules Porges





En 1898 Jules Porgès achète un terrain et avec sa femme Rose Anne Wodianer, il va construire un somptueuse réplique de l'ancien Hotel de Salm qui est actuellement le Musée de la Légion d'Honneur, Une réplique qui multiplia par deux les proportions de ce Palais.

La construction dura du 5 juillet 1899 à 1904, Jules Porges engagea les meilleurs architectes du moins ceux qui avaient construit l année précédente l Hotel Ritz Place Vendome à Paris. Ils satisfèrent les exigences des très riches commanditaires .
l’édifice est probablement le plus audacieux jamais construit, en Ile de France entre les deux guerres celles de 1870 à 1914


1899 Jules Porges avec sa femme et sa fille au chateau de Rochefort

Le château symbolise "l'art de la copie" en vogue auprès du gotha mondain à cette époque.

Le paysagiste Verharghe dessina les jardins, la pièce d’eau d’un hectare ainsi que la cascade du château,Ferdinand Faivre peupla le parc de ses sculptures décoratives.

Madame Porgès, , fit de son château au style néo-classique un véritable musée où les convives pouvaient à loisir admirer nombre de tableaux, meubles rares, bronzes et autres dentelles et ivoires du XVIII eme
Pendant dix ans, toute la population des environs se presse aux fastueuses réceptions organisées par le couple. Mais, en 1914 , la guerre éclate, le château devient un hôpital. Jules Porgès meurt en 1921 et est inhumé dans le cimetière de Rochefort derrière l’église où furent enterrés également les seigneurs de Rohan et de Bernis
En 1924, Madame Porgès vend le domaine de 800 hectares à Jean-Léopold Duplan, fabricant de soieries qui a fait fortune aux États-Unis. Il scinde l’ensemble en deux parties sous forme de deux sociétés immobilières : la Rochefort Foncière qui englobe les châteaux dans leur parc actuel et la société du Domaine de Tourelle qui concerne le reste de l’immense propriété. (source Wikipédia)






En 1940  un acquéreur, Monsieur Chatard, reprit la société Rochefort Foncière. Le château ne fut occupé que très peu de temps par les Allemands avant que les Américains n’y installent 4000 hommes qui restèrent jusqu’en 1945.  Monsieur Chatard de son vivant n’eut de cesse de restaurer les ruelles effondrées de Rochefort, les bâtiments, l’actuel château et les ruines anciennes, d’entretenir les jardins, les pièces d’eau – il mourut en 1955 



En 1964, le château est le principal lieu de tournage de Yoyo un film de Pierre Etaix En 1966, des scènes de la comédie musicale Anna dePierre Koralnik y seront également tournées.



On sait maintenant que rien ne sera détruit...et que ce paysage a trouvé sa vocation moderne » sous la plume d’Andrée Madeleine Duchet. En effet, en 1961, Monsieur Chamley achète le domaine et décide d’y créer un golf, lui-même racheté en 2002 par la société Albatros qui devient le nouveau propriétaire du château et du golf de Rochefort.
Depuis 2008, le château Porgès de Rochefort-en-Yvelines est dédié à l’accueil de séminaires d’entreprises. Il a été acquis, ainsi que le Golf en juin 2016 par la Foncia pierre rendement.



 Par la courtoisie de  Emmanuel Mollot, Rochefort en Yvelines, 2002


En 1902 Madame Jules Porges obtint un rhododendron à son nom



18-05-1902 au journal Officiel
Les Porgès toute leur vie en France firent de nombreux dons


1906 La Croix
La société de Londres vient de voir disparaître en quarante-huit heures deux de ses figures les plus remarquables, M. Alfred Bait et lady Curzon; elles étaient fort dissemblables l'une de l'autre, mais elles avaient ceci de commun que ni l'une ni l'autre n'eut existé si Abraham avait consommé son sacrifice. Alfred Beit, né à Hambourg de parents pauvres, il y a cinquante-trois ans, alla de bonne heure chercher fortune dans l'Afrique Australe. Il s'attacha à Cecil Rhodes. Bientôt le célèbre triumvirat israélite, Alfred Beit, Jules Wenher et Jules Porges, protégé et secondé par le
 « Napoléon du Cap », effectua l'unification des mines de diamant de Kimberley et des mines d'or du Transvaal, réalisant à la suite de cette opération colossale des richesses plus colossales encore. C'était quelque chose de fantastique. Nul ne savait le chiffre de la fortune d'Alfred Beit. Lui-même l'ignorait. Un mot peindra le caractère du juif parvenu. Il se fit construire dans Park Lane un hôtel qui est une des plus magnifiques résidences de Londres. Comme il était en pourparlers pour l'achat du terrain avec le duc de Westminster, celui-ci, jaloux de sauvegarder les intérêts de ses descendants lorsque, à l'expiration du bail emphytéotique de quatre-vingt-dix-neuf ans l'immeuble fera retour au propriétaire du sol, dit à son agent de mettre pour condition à la vente du terrain que M. Beit ferait élever sur cet emplacement une maison de la valeur d'au moins 10000 livres sterling. « Dites au duc, répondit le milliardaire, que j'ai l'intention de dépenser 10 000 livres rien que pour mes écuries. »




1908 l annuaire du Paris Mondain Mr et Mme Porges avenue Montaigne








1908 le journal  "Les Modes" nous fait part d une soirée à laquelle madame Porgès participe

D'une suprême élégance le dîner donné par le comte Ervin de Sehcenbôrn-Buchheim, le sympathique secrétaire de l'ambassade d'Autriche-Hongrie en France. Il fut suivi d'un tour de valse. Parmi ses invités : duchesse de Montellano, marquise de Mun, comtesse Charles d'Harcouft, Madame Crackenthorpe', Madame Jules Porges, comtesse Chandon de Briailles, Mesdames de Beistegui et de Yturbe, princes de Metternich et Orloff, comtes Roman Potocki, de Hohenthal, etc.

Beaucoup de déjeuners, de dîners priés. Parmi les plus élégants : le déjeuner offert par le prince et la princesse de Radolin à S. A. R. le landgrave de Hesse les dîners donnés par la marquise de Brou en l'honneur de. S. A.S. le prince de Monaco, et du marquis de Ségur, le nouvel académicien ; les dîners mondains chez l'ambassadeur d'Angleterre et lady Feodorovna Bertie ; le dîner chez le ministre de Belgique et Madame Leghait, et chez le prince et la princesse Bariatinsky, qui furent honorés de la présence du grand-duc Paul. Alexandrovitch et de la comtesse de Hohenfelsen ; les dîners officiels de l'ambassadeur d'Italie.
D'une suprême élégance le dîner donné par le comte Ervin de Sehcenbôrn-Buchheim, le sympathique secrétaire de l'ambassade d'Autriche-Hongrie en France. Il fut suivi d'un tour de valse. Parmi ses invités : duchesse de Montellano, marquise de Mun, comtesse Charles d'HarCouft, Madame Crackenthorpe', Madame Jules Porges, comtesse Chandon de Briailles, Mesdames de Beistegui et de Yturbe, princes de Metternich et Orloff, comtes Roman Potocki, de Hohenthal, etc.




Fevrier dans Coemedia



Stefan Zweig


1909 dans le Journal Le Monde 
Soirée rue Montaigne, à l’hôtel Porgès, devenu l’annexe officieuse de l’ambassade d’Autriche (la femme du diamantaire Jules Porgès est autrichienne).Une voix bien timbrée, un léger accent germanique : « Les Français ne sont pas comme je les imaginais ! »Un jeune homme mince et brun, de taille moyenne, très poli, au costume impeccablement coupé, s’approche de moi. Il se qualifie d’écrivain, voyageur, poète à ses heures. Il est né à Vienne, parle un excellent français. Il sait que nous avons une connaissance commune rencontrée chez Auguste Rodin : Emile Verhaeren.Il continue : » Paris est la ville de l’éternelle jeunesse. Les étudiants côtoient les écrivains, les peintres, les ouvriers, les bourgeois, sans frontière de classes, de revenus et tout cela dans une atmosphère joyeuse. Rien à voir avec l’ambiance empesée des villes de l’est de l’Europe ! »Il est toujours agréable d’entendre un étranger dire du bien de nous. Je lui demande son nom : » Stefan Zweig, monsieur le conseiller » répond-il en s’inclinant après m’avoir tendu sa carte.
Il ajoute : » Moi qui imaginais vos artistes enfermés dans des salons mondains ennuyeux faisant la conversation avec des pédants ! Quant à vos femmes, je les voyais fort élégantes, pleines de charme mais un peu légères. Alors que dans tous les foyers français où je suis invité, il n’y a pas plus sérieux, plus dévoué à sa famille, plus loyales compagnes que vos maîtresses de maison. L’Europe se meurt de ces a priori que nous avons tous, les uns sur les autres.

Il flotte sur Paris un air frais, une insouciance, une envie de bien vivre qui contrastent avec ce que j’ai connu pendant toute ma jeunesse à Vienne. Je souris quand je vois le soir des couples s’enlacer ou d’autres se mettre à danser en pleine rue sous l’oeil bienveillant d’un sergent de ville. Cela me surprend agréablement de voir entrer, dans des hôtels, de bien belles filles aux bras de noirs ou d’asiatiques : tout cela reste inconnu dans de nombreuses autres villes de notre continent. Vous êtes un peuple léger et libre. »
Le représentant du peuple « léger et libre » que je suis part alors reprendre une coupe de champagne. Je la vide, fier comme Artaban, sans m’interroger plus loin sur ce qui relève, dans le discours de Zweig d’une exquise politesse et ce qui correspond à une appréciation plus raisonnée.
Zweig me ramène alors au sens des réalités : » Vous autres, Français, il faudra tout de même que vous vous interrogiez un jour sur les raisons pour lesquelles tous les peuples d’Europe ont autant d’a priori vous concernant. Cette situation est d’autant plus regrettable qu’il est rare que la réalité rattrape le terrain perdu sur la légende. »

Quand on a lu le "Monde d'hier"  de Stefan Swieg ecrit en 1941 (sinon je le recommande chaudement) ou il analysait l échec d une civilisation, on comprend son langage , il se suicida avec sa femme le 23-02-1942 au  Brésil.




1911 Gazette des Beaux Arts 



1912 les Soirées en salons


1913 Sotheby's ombrelle


1913 Sotheby’s
Une poignée de parasol Fabergé vari-color or et émail transparent, ouvrier Henrik Wigström, Saint-Pétersbourg, 1908-1913
de forme rectangulaire, la surface de l'émail opalescent translucide blanc sur un fond moteur tourné dans des bordures de laurier couleur or bicolore, marquées des initiales du maître d'œuvre, 72 standard, Fabergé gravé en lettres latines, et numéro d'inventaire rayé 23580 hauteur 2 7 / 8 in .; 7,3 cm il provient de Madame Porges
Acheté par Mme Jules Porgès de la succursale de Fabergé à Londres le 15 décembre 1913 pour 12 livres:Revendue 16200$




Décembre 1913 dans le Jnal Gil Blas encore des mondanités de Madame Porges




1921 Bulletin de la Vie Artistique: Mort de Jules Porges



Cette représentation frappante du philosophe Démocrite a confondu les chercheurs tout au long des 20e et 21e siècles. Elle faisait partie de la  collection de Jules Porgès, à Paris,
Démocrite d'Abdère  né vers 460 av J-C. à Abdère et mort en 370 av J-C., est un philosophe grec considéré comme matérialiste en raison de sa conception d'un univers constitué d'atomes et de vide

Après sa mort il y eut une vente partielle des biens de Jules Porgès

1924-07 vente Porges

Deux vacations ; la première, de beaucoup la plus importante, produisit à elle seule 828.000 fr. Citons quelques prix, parmi les émaux de Limoges. N° 21, une plaque en émail peint, par Jean Ier Péricaud, représentant la Crucifixion, 39.000 fr. ; n° 28, grand plat par Courteys, figurant Moïse et Jethro, 20.000 fr. ; n° 39, une assiette par P. Raymond, la Toison d'Or, 10.000 fr. (sur demande de 3.000 fr.) ; n° 23, une aiguière par Jean III Péricaud, 11.200. fr. Les émaux champlevés ont été très disputés ; no 50, une châsse représentant le Martyre de Thomas Becket, 42.000 fr. ; nO 54, une autre petite châsse, 40.000 fr. ; n° 53, une autre, 39.200 fr. Le Musée du Louvre a acheté le n° 68, une plaque de travail rhénan du XIIIe siècle, 26,000 fr.
A noter aussi le n° 88, groupe en ivoire représentant la Vierge et l'Enfant, (XIVC siècle), 31.200 fr.

M. Lair-Dubreuil, commissaire-priseur. Collection de feu M. Jules Porgès.
Il s'agissait des collections (ou d'une partie des collections) amassées jadis par M. Jules Porgès dans son bel hôtel de l'avenue Montaigne. Il y avait là 132 tableaux anciens, presque tous des Écoles hollandaise et flamande, et quelques beaux meubles, principalement en tapisserie.
Aucun prix sensationnel parmi les peintures. Nous avons noté n° 64, La Mare, par Habbéma, 30.000 fr. (prix de la demande) ; ce tableau avait fait 8.500 fr. à la vente L. Cottreau en 1870, et 11.500 fr. à la vente Marcel Cottreau en 1919. N° 125, Vue d'un port, par Joseph Vernet, 20.500 fr. ; n° 38, Portrait d'un peintre, école française du xviiic siècle (l'expert suggérait : De Troy par lui-même ?), 20.500 fr. ; no 90, Portrait de la princesse de Rohan, de l'atelier de Nattier, 19.500 fr. (sur demande de 25.000 fr.) ; n° 59, Querelle d'oiseaux, importante nature morte, par Fyt, 30.000 fr. ; n° 7, Portrait d'homme, par Bol, 15.000 fr.

Le mobilier de salon, important, comprenait un canapé et neuf fauteuils, garnis de tapisserie de Beauvais, les sujets d'après Boucher, Oudry et Huet. Toutefois le canapé ne faisait pas partie du même ensemble. Ce riche mobilier a été adjugé 400.000 fr.

Deux belles tapisseries des Gobelins faisaient partie de la tenture des Amours des Dieux, d'après les cartons de Boucher l'une, représentant Neptune et, Amyone, a réalisé 285.000 fr., et l'autre représentant Vénus, Aurore et Céphale, 226.000 fr.

Citons encore une tapisserie flamande, d'époque Louis XIV, figurant Flore et ses compagnes, adjugée 68.000 fr. (sur demande de 60.000 fr.). N° 211, grande bibliothèque en bois de placage avec bronzes, 82.100 fr. (sur demande de

80.000 fr.) ; n° 214, deux encoignures en marqueterie de bois de placage, époque Louis XVI, 92.000 fr. (sur demande de 60.000 fr.).

Total général : 2.176.015 francs. Me Lair-Dubreuil, commissaire-priseur.




1927 dans Vogue:
Mme Porgès, élancée, pleine de distinction, était habillée d'une cotte de maille d'or, tel un beau chevalier de légende.
Dans la manière de porter son sac, dans ses chaussures comme dans le mouvement du manteau rejeté en arrière d'une épaule, chaque femme met beaucoup d'elle-même.
Parmi ces personnalités, nous avons à retenir la Comtesse Greffulhe arrivant au Garden Party du Maharadjah de Kapurthala tenant en laisse ses deux chiens lévriers. Ce fut un plaisir des yeux que cette femme nimbée de tulle blond, habillée de dentelle blonde, faisant tableau sous les frondaisons admirables du Bois.



1922 Leg de Jules Porges
Il en fit d'autres pour les pauvres



Madame Jules Porgès continua à animer la vie Parisienne






Un piano forte français à la vente Sotheby's converti en 1874 par Erard et Zeitter d'un clavecin flamand du XVIIe siècle par un membre de la famille Ruckers; la peinture sur le couvercle du pianoforte du cercle de Nicholas Lancret (1690-1745) représentant des scènes de l'opéra de 1737 de Jean-Philippe Rameau, Castor et Pollux, daté de 1874 des deux côtés du tableau sur une base sculptée en bois doré, la frise suspendue à des rubans floraux noués de rubans, aux pieds sculptés de feuillages et de  rinceaux , se terminant par des sabots de 79 cm. haut, 300.5cm.



Un diamant porte son nom


Le diamant Porges est un diamant Fancy Yellow pesant 78,53 carats et a été acheté par Harry Winston en 1962 qui l'a baptisé en hommage au pionnier français de l'exploitation des diamants, Jules Porges. Winston a monté la pierre de sorte qu'elle puisse être portée soit comme une broche, dans un cadre serti d'émeraudes et de rubis taillés en cabochon ou comme une seule pierre, placée dans une monture d'anneau simple. Le propriétaire actuel l'a acheté directement à Harry Winston en 1968 et, comme l'indiquent les livres de comptes, on ignorait où il se trouvait jusqu'à présent.
 La broche de la photo, créée par Harry Winston, est ornée de diamants taillés dans la vieille mine et de vieux diamants européens dans une forme libre autour du Porges lui-même. Ceux-ci sont rehaussés par des rubis cabochon et des émeraudes éparpillés avec un poids total approximatif de 23,90 et 15,00 carats, respectivement. Ils sont montés en platine et en or jaune. Selon le texte de l'enchère, la pièce est accompagnée d'un anneau d'or et d'un tournevis pour transférer le diamant Porges d'avant en arrière. Était également inclus un étui en daim noir Harry Winston.



Rue de la Paix en 1923

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