samedi 3 février 2007

Bijoux en Cheveux !!!



Je collectionne, entres autres, les mini-boites, de toutes formes, mais de moins de 6 cm de diamètre.

A l'intérieur d’une très jolie petite boite en carton, on peut lire, écrit à la main.
« Premiers cheveux d’Yvonne à l âge de 25 jours. »



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Combien de Mamans ont gardé une mèche de cheveux de leur bébé ?
A l’exposition, présentée au Musée de Malmaison en octobre 2004, figuraient des bijoux fabriqués avec des cheveux.

« Marchand conservera mes cheveux et en fera un bracelet avec un petit cadenas en or pour être envoyé à l impératrice Marie Louise, à ma mère et chacun de mes frères et sœurs, neveux, nièces, au cardinal, et un plus considérable à mon fils »
Signé Napoléon 1er
On trouve fréquemment au XIX eme siècle ce type de bijoux dans lesquels on incorpore les cheveux du défunt.
Mais, Constant, le valet de chambre de Napoléon, dans ses mémoires relate aussi l’histoire d’une bague offerte par l empereur à Marie, (Marie Walewska ?) Elle contenait « les beaux cheveux blonds » de cette marie, et à l ‘intérieur était gravé :
« Quand tu cesseras de m aimer, n’oublie pas que je t’aime »



Broche de deuil en or, cheveux et cristal de roche figurant les initiales M.S. et l’inscription "borne March 19 day 97 years dyed may 27 99 years." Vers 1690 vente Sotheby's


C'est au XVI ème siècle que l'on voit paraître pour la première fois, les bracelets de cheveux, portés indistinctement  par les femmes comme par les hommes. Le poète Théophile Viau, dans sa "Plainte à un sien amy" , pendant son emprisonnement dans la tour de Montgommery, dit, en parlant des plaisirs de la campagne

Là, d une passion, ny ferme, ny leger
Jaurais donné ma flamme aux yeux d une bergere
Dont le coeur innocent eust contenté mes voeux
D'un bracelet de chanvre avecques ses cheveux

A l époque d'Henri IV Théodore Agrippa d'Aubigné  dans une bataille, combattait corps à corps contre le capitaine Dubourg. Au plus fort de l'action, d'Aubigné s'aperçut qu'une arquebusade avait mis le feu à un bracelet des cheveux de sa maltresse, qu'il portait à son bras aussitôt, sans songer à l'avantage qu'il donnait à son adversaire, il ne s'occupa que du soin
d'éteindre le feu et de sauver ce précieux bracelet, qui lui était plus cher que la liberté et la vie. Le capitaine Dubourg, touché de ce sentiment, le respecta; il suspendit ses coups, baissa la pointe de son épée, et se mit à tracer sur le sable un globe surmonté d'une croix.

Tallemant des Réaux parle de ces bijoux dans plusieurs de ses Historiettes, et le même auteur, à propos de Souscarrière, fameux galant du temps de Louis XIII, raconte que la belle Anne Rogers 
« avoit donné un brasselet de cheveux à Villandry, et qu'il y avoit eu des rendezvous"



Cette époque était si sentimentale d'apres Madame De Genlis dans son dictionnaire des étiquettes.

« Notre époque est si sentimentale, dit à ce sujet Mme de Genlis, qu'il n'y en a certainement jamais eu où l'on ait tant fait de bracelets, de bagues, de chiffres, de chaînes de cheveux. On a vu des femmes
porter des ceintures des cheveux de leurs amants. Nos grands-pères et nos grand'mères étaient loin de cette touchante prodigalité de cheveux. »

La mode de porter, par affection ou par superstition, des bracelets de toute sorte, est assez ordinaire en Russie parmi les hommes. C'est ainsi que le grand duc Constantin porte constamment, même en voyage, un bracelet au poignet, fait avec les cheveux de sa femme, la grande duchesse Alexandra.
Bien que ce culte des cheveux soit attesté depuis la renaissance, c’est au 18 eme siècle que cette vogue à repris, pour atteindre son apogée sous la monarchie de juillet.









C’était devenu une mode, mais cela provenait aussi, comme on le voit plus haut d’un état sentimental. Ce fut essentiellement une mode citadine, mais qui s’étendait à toutes les couches de la société. Au 18 eme la Normandie était le principal fournisseur de cheveux, puis la Bretagne ou les jours de grand pardon, les marchands trouvaient des têtes à tondre.



Bracelet de la Reine Hortense début du XIX Musée de la Malmaison

Bracelet constitué de sept segments de cheveux bruns tressés terminés par des embouts en or ciselé, articulés à sept perles de turquoises dont l’une, plus grosse, orne le fermoir à cliquet.


La plupart des bijoux en cheveux, bracelets colliers et bagues sont fabriqués a partir de tresses réalisées sur un métier à fuseaux, ces tresses une fois terminées étaient rigidifiée en les trempant longtemps dans de l‘eau bouillante. Les bijoutiers les montaient sur un support en or pour mieux résister à l épreuve du temps. Il fallait trouver un bijoutier de confiance pour être sur qu’il ne mélange pas les cheveux de la personne chérie avec ceux d’une autre.

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Rue de la Paix en 1923

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