mardi 22 mai 2018

La Tour Eiffel en diamants de 1889, qu'est elle devenue?



« cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine »(Guy de Maupassant)
« ce lampadaire véritablement tragique » (Leon Bloy);
« ce squelette de beffroi » (Paul Verlaine) ;
« ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme » (François Coppée)
« un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous » (Joris Karl Huysmans)

On ne peut dire qu'elle suscita l enthousiasme à l'époque? Mais elle encouragea deux hommes à la reproduire en 1 mètre de haut , or, diamants, et roses en diamants


La tour Eiffel en or, diamants, argent, pierres précieuses et émail de Martin Posno

La Tour EIFFEL, dont le succès à l'exposition est si immense et si bien justifié par l'espèce de miracle qu'il a accompli, peut se vanter de l'avoir échappée belle !
Il paraît certain qu'au moment où il a présenté son projet de tour métallique, sa proposition a failli être repoussée, et l'on a lieu de croire que, si les constructeurs et architectes distingués qui ont été chargés d'étudier ses plans avaient été des joailliers ou des orfèvres, ils eussent déclaré nettement que la tour projetée était trop grande et trop haute pour le Champ-de Mars, et ils eussent privé le monde entier d'un sujet inépuisable d'admiration.
L'échec que M. Eiffel a failli subir, il est un autre spécialiste non moins hardi en son genre, un joaillier que tout Paris connaît bien et que le monde entier connaîtra bientôt, lui aussi, qui n'a pas eu la chance d'y échapper, précisément parce qu'il s'est trouvé en présence des joailliers et des orfèvres chargés de régler l'installation de la joaillerie au Champ-de-Mars, et qui ont déclaré trop volumineuse pour la classe une réduction aux trois centièmes de la tour Eiffel exécutée de tous points en diamants!
L'histoire est des plus curieuses, et nous trouverons certainement un jour l'occasion d'exposer en détail les nobles tentatives des concurrents de M. Martin Posno pour enrayer son œuvre, soit en le décourageant lui-même, soit dans l'opposition bizarre du commissariat de l'exposition, l'obstruction inexpliquée de M. Berger, l'inutile intervention de M. Eiffel qui eût été heureux de faire rendre justice à l'homme qui avait si bien compris, si admirablement reproduit son immortel chef-d'œuvre.
Le dépit très naturel de M. Martin Posno a fait place à un long éclat de rire, et aujourd'hui il est pleinement consolé en voyant la galerie Georges Petit, de la rue de Sèze, où il a installé sa splendide tour de diamants, transformée en une véritable succursale de cette exposition qui lui a si 
arbitrairement fermé ses portes, succursale envahie chaque jour par 1,200 visiteurs, venant admirer l'éclat incomparable du premier chef-d'œuvre de l'industrie de la joaillerie, unique au monde entier.
Le Panthéon de l industrie en 1889




Cette Tour Eiffel en diamants eut un beau succès journalistique a l'étranger , en France et même le Courrier de Tlemcen fit un article, j'en reprends une partie.

"Dernièrement à Paris, dans les salons Petit, rue de Sèze, a eu lieu l'inauguration officielle de là tour Eiffel, en diamants. La tour qui a un mètre de hauteur, repose sur un socle de peluche grenat et. un soubassement de marbre de même nuance.
La monture est tout en  argent et or; tous les diamants, même les plus petits, qui dessinent les croisillons, sont montés sur griffes ; c'est une rangée de gros diamants blancs et jaunes du Cap qui forme le bord inférieur de l'arche du premier étage; les rangées de globes lumineux qui dessinent chaque plateforme de la vraie tour ainsi que les globes électriques du restaurant Brébant sont représentés par des rangées de perles fines.
Les moindres détails sont merveilleusement travaillés et rendus ; le phare est éclairé par une minuscule  lampe Edison placées à l'intérieur; le tout sous la lumière des lampes électriques à réflecteur placés aux quatre coins de la vitrine, est éblouissant.
La tour pèse 15 kilogs. et compte 40,000 diamants; le plus gros coule 40,000 fr."


Il convient d'ajouter qu'elle était parsemée d'émaux diversement coloriés, de rubis, de diamants surtout, de façon à reproduire tous les détails et même toutes les colorations de la tour qui allait lui servir de modèle, de telle sorte qu'en dehors de la couleur fidèlement reproduite, la tour en joaillerie fut comme une réduction photographique de l'immense tour en fer et de tous ses accessoires.



Il est vrai que des tours Eiffel, à l époque on en fit de toutes sortes, jusqu'a la nausée, ci-dessus des bouteilles que la verrerie "Legras" (collection personnelle) fabriquait par milliers

En or, en argent, en cuivre, en étain, en plomb, en zinc, en aluminium, en platine, des bracelets à la Tour Eiffel; Des breloques; Des flacons; Des bouteilles; Dos manches de couteau ; Dos chandeliers;
Des broches, des bagues, des boucles d'oreilles ;
Des cartonnages, des porte-monnaies, des portefeuilles, des buvards;
Des verres,'des écrins, des porte-plumes, des sacs de voyage, dos livrets, des huiliers, des casquettes, des chapeaux ;
Des jupons, brodés de Tour Eiffel, des corsets, des robes, des mouchoirs, des , gilets, des chemises ;
Il y a des Tours Eiffel en diamants, en stuc, en plâtre, en terre, en albâtre, en cuir, en onyx, en marbre, en cristal, en ébène.
On plaque des Tours Eiffel sur les brosses à dents, à cheveux, sur les glaces à main, sur les bonbonnières, sur les boîtes à poudre de riz;
On en met dans les vases en porcelaine, pour remplacer l'oeil légendaire!
Les charcutiers font des Tours Eiffel en saindoux ; " Les pâtissiers en nougat; Les confiseurs en sucre ; Les glaciers en  glace ; Les chocolatiers en chocolat; Les musiciens en font en polkas et en valses.
Où cela s'arrètera-t-il?


On en fit même en chocolat


Et la revue Paris Capital-journal financier du  2 octobre 1889  écrivait encore

Quelques individus se font tatouer en Tour Eiffel !
Photographes, lithographes, autographes, dessinateurs, brodeurs, se livrent à des orgies de Tour Eiffel.
Je déclare une chose, c'est que lorsqu'on déboulonnera la Tour Eiffel, je pousserai un soupir de soulagement, et je vous prie de croire que ce n'est pas moi qui irai contempler la tour de six cents mètres qui sera élevée, l'an prochain, à New-York.
Celle que nous avons au Champ-deMars me suffit, et au delà!



 Le journal "Le Panthéon de l industrie" nous explique que La plupart des joailliers, jaloux d'avance du succès que pouvait obtenir une pareille œuvre, affectèrent d'en accueillir avec des éclats de rire l'annonce et le commencement d'exécution.
Quelques-uns, plus.habiles et plus hardis, tentèrent d'enrayer l'œuvre en ruinant le crédit de l'audacieux qui l'entreprenait, et aussi de le réduire à l'impuissance en débauchant ses ouvriers.
Autant de tentatives inutiles. Mais les jaloux parurent bientôt avoir rencontré une autre chance de succès plus sérieuse dans les difficultés mêmes de l'exécution, difficultés qui semblèrent, à plusieurs reprises, donner raison aux railleurs et faillirent décourager M. Martin Posno lui-même. De sorte que le chef de l'entreprise, épuisé par d'interminables nuits de veille, par les incessantes réfections auxquelles il se voyait condamné, se sentit un instant sur le point d'abandonner son œuvre, mais y revint ensuite avec une résolution plus ferme que jamais. Après deux tentatives infructueuses, il eut cette fois l'heureuse chance de mettre la main sur une équipe d'une centaine de joailliers, sertisseurs, polisseuses, émailleurs, ouvriers-artistes de toutes les spécialités, qui se trouva, cette fois, tout à fait digne de lui, grâce aussi à l'habile direction et à l'intelligente et dévouée collaboration de M. Lefort, que M. Martin Posno s'était adjoint.
Le travail ne fut plus interrompu ni jour ni nuit, et, après quatre mois remplis par 13,500 heures de travail, soldées par environ 150,000 francs de salaires, la tour se trouva debout sur son socle de marbre rouge, entourée à sa base de bornes en or surmontées d'un gros diamant et reliées entre elles par une chaîne d'or de 5 mètres de développement.



Cette tour, que M. Van Derheym, expert de l'Etat,qui expertisa les joyaux de la couronne de France (apparenté aux Van Cleef et Arpels) après l'avoir très longuement étudiée et admirée, a estimée 3 millions de francs ce qui converti en Euros donnerait 11,570,000 €

Les quatre piliers en or qui la supportent sont munis de quatre petites guérites richement émaillées dont chacune est occupée par un agent de police.
Sur la première plate-forme, où l'on a un jour placé debout un enfant de trois ans dont le poids et les mouvements n'ont produit aucun ébranlement, aucun déplacement de la moindre des pièces, sont établis maintenant quatre restaurants d'or et d'émail, dont la forme et la couleur rappellent exactement celles des v rais restaurants établis dans la tour du Champ-de-Mars.
Les galeries, les plates-formes, l'escalier qui comprend environ 1,800 marches, les ascenseurs mobiles dans l'intérieur de la tour, les restaurants que nous venons de citer, l'imprimerie du Figaro installée sur la deuxième plate-forme, les inscriptions diverses, tous les détails de l'édifice, en un mot, y compris les drapeaux flottants, qu'il a fallu exécuter avec des. émaux d'une ténuité qui en rendait la combustibilité presque inévitable, ainsi que le drapeau du sommet de la tour, dont les trois couleurs sont obtenues à l'aide de rubis, de brillants et de saphirs, rendent de la façon la plus fidèle les dimensions, la forme et la couleur des détails correspondants de la Tour Eiffel.
Les globes qui entourent les becs de gaz sont fidèlement représentés par des perles fines, et les points brillants infinis en nombre qu'il s'agissait de reproduire l'ont été à l'aide de 40,000 diamants installés dans le même nombre de chatons ménagés dans ce but, et ont nécessité le triage et l'essai de 9 ou 10 millions de diamants bruts.




Les diamants taillés qui ont été employés occuperaient, s'ils étaient mis en contact sur une même ligne, une longueur totale de 80 mètres,supérieure, par conséquent, et la hauteur de la première plate-forme de la Tour Eiffel.
Le phare, une des parties les plus difficiles et les plus soignées de cet admirable travail, a absorbé et lui seul vingt et un carats de diamants bruts que la taille a réduits et trois carats et demi.
Il comprend, outre les brillants, des rubis et des saphirs, qui, traversés par les rayons d'une toute petite lampe électrique, jettent des feux d'un admirable effet, quand cet ensemble est animé de son mouvement de rotation mû par un petit mécanisme d'horlogerie.
L'aspect en est, comme on le voit, absolument féerique, et la plume est malheureusement impuissante à décrire l'éclat de ce monstre en diamants.
L'installation de la lumière électrique, destinée à faire ressortir les moindres détails de cet édifice ruisselant de diamants, a été l'une des plus graves difficultés de l'œuvre de M. Posno.
M. Franseschi, un électricien d'un grand mérite qui en avait été chargé, fut un moment menacé de perdre la vue, et c'est en définitive à M. Posno lui-même que revient l'honneur-d'avoir réalisé un mode d'installation donnant à l'ensemble de la tour un éclat véritablement admirable et que la vraie Tour Eiffel aurait peut-être, cette fois, des raisons de lui envier.
"Le Panthéon de l'Industrie" 1889


Souvenir de mon  ascension  au 1 ere étage de la Tour Eiffel (collection personnelle)


1er juin 1889 dans le Figaro
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05-08-1889 dans le journal Gil Blas


Et puis le 24-05-1890, les affaires vont mal, l argent ne rentre pas, la faillite de la société Martin Posno est publiée.
De nombreuses critique avaient freiné son succès, les journalistes n aimaient pas la grande tour en fer,  alors on confondait avec la petite en diamants

1889 L univers Illustré
La tour Eiffel en diamants pourrait bien porter préjudice à "son modèle en fer. On commence d'ailleurs à s'habituer au « clou » du Champ de Mars, et même à revenir d'un enthousiasme de commande qui, un instant, a paralysé toute critique. On examine plus froidement, et l'on se rend compte _- enfin ! — que cet édifice purement bizarre n'atteint aucun des buts qu'il semblait s'être proposés, même celui de paraître sa véritable hauteur.
En clair on préférait la pierre au Fer:

Comme nous le disions il y a quelques mois dans une de ces causeries, la tour Eiffel montre l'inanité des prétendus progrès réalisés par la charpente en fer pour les constructions en hauteur. Au contraire, on ne peut se lasser d'admirer les merveilles de cette industrie quand elle répond aux nécessités modernes de la construction horizontale. Ici, aucun problème n'effraye les ingénieurs, qui se sentent en main les éléments voulus pour justifier toutes leurs audaces. Notre savant confrère A. Vernier assure qu'il est question, de l'autre côté de l'Atlantique, de traverser l'Hudson au moyen d'un pont métallique auprès duquel celui de Brooklyn paraîtra un timide essai.
Ce pont n'aurait qu'une seule travée mesurant 872 mètres (500 de plus que celle de Brooklyn). Un tablier de fer de près d'un kilomètre, d'une seule venue, sans pile intermédiaire! Les tours doubles où cette formidable travée, s'appuiera de chaque côté du fleuve auront 452 mètres de hauteur. Elles supporteront en outre les deux travées de rive, qui auront 457m,50 chacune.



Mars 1890 le journal L univers

La Tour est mise sous séquestre avec ordre de la ramener de Londres ou elle etait exposée


Dit que dans la huitaine de la signification du présent jugement, Parent ès qualités, sera tenu de remettre la Tour Eiffel en diamants et ses accessoires à Bernard ès-qualités, le tout à peine de 50 francs par jour de retard  .Ladite reprise de possession à charge par Bernard ès-qualités, de rembourser à Parent ès-qualités toutes avances par lui faites en sa qualité de séquestre, le tout sous réserve par Eugène Martin de faire valoir ses droits dans la faillite Martin-Posno et Cie ;
Autorise Bernard ès-qualités à faire procéder à la vente par officier public de la Tour Eiffel en diamants, objet du litige ;
Dit que le prix à provenir de cette vente sera après prélèvement des frais de vente, frais de séquestre et autres justifiés pour la conservation de la chose déposée à la caisse des Dépôts et Consignations au compte de la faillite MartinPosno et Cie ;
Condamne Parent ès-qualités et Eugène Martin solidairement aux dépens.



20-06-1891 le jugement est publié dans le périodique "Le XIX ème siècle"


Coup de Théâtre un jugement en référé va annuler la première procédure

Par ces motifs,
Infirme les deux jugements frappés d'appel en ce que les premiers ont déclaré à tort que la Tour Eiffel en diamants appartenait à l'actif de la faillite de Martin-Posno 

Dit que ladite Tour, et notamment les pierres et diamants étaient la propriété de Eugène Martin, sauf l'obligation pour ce dernier de tenir compte à Martin-Posno de la valeur de la monture ;
Confirme en tant que de besoin, le jugement du 31 mars 1891 en ce qu'il a ordonné une expertise ; nomme toutefois, comme troisième expert, M. Pelletier;
Dit que la valeur proportionnelle des diamants et pierreries composant la Tour, dans le prix de 220,000 fr., moyennant lequel, Eugène Martin s'est rendu acquéreur de ladite Tour, appartient audit Eugène Martin ;
Dit que Bernard ès-noms sera tenu dès à présent, à titre de provision, de remettre une somme de 100,000 francs à Eugène Martin sur les 220,000 francs encaissés, prix de la vente ;
Restitution dss amendes consignées ;
Condamne Bernard ( le syndic de faillite) ès-noms, en tous les dépens de l'instance et d'appel.



Finalement La Tour Eiffel a bien été vendue aux enchères le 18 juin 1891


1891 Paris Capital

On essaye alors de monter une souscription pour l offrir au Tsar qui va venir nous rendre visite , mais l opération sera déjouée .

Patriotisme usuraire Le Radical 1893-10-07
Toutes les imaginations françaises ont travaillé pour rechercher les meilleurs moyens de fêter les marins russes, pour deviner quelles réjouissances, quels cadeaux leur agréeraient le mieux. Grâce à cette véritable débauche d'idées, d'inventions, ils seront reçus magnifiquement et emporteront sans doute, nous en possédons l'espoir, un heureux et durable souvenir de leur séjour chez nous.
L'initiative, l'émulation qu'ont manifestées nos concitoyens sont louables; elles furent aussi, en général, absolument désintéressées et on peut dédaigner les quelques rares industriels qui cherchent à profiter des réjouissances patriotiques, officielles et populaires, pour en tirer un bénéfice quelconque, en  argent ou en publicité.
Il faut pourtant noter une combinaison par trop ingénieuse, pour cette double raison , qu'elle était malhonnête et a été aussitôt dénoncée que conçue.
On n'a peut-être pas oublié qu'au temps où la tour Eiffel jouissait de sa pleine vogue, un joaillier-eut l'idée d'en établir un fac-similé tout en diamants. Ce joyau, de défaite difficile, on a espéré s'en débarrasser en l'offrant au tsar. Il s'agissait de provoquer une souscription publique destinée à réunir la modeste somme de cinq cent mille francs pour payer à son propriétaire actuel la tour Eiffel en diamants.
A cet effet, M. le ministre de l'intérieur est sollicité d'autoriser cette souscription à laquelle toutes les communes de France seront invitées à s'inscrire pour une cotisation de dix francs, le surplus devant être parfait grâce au concours de la presse et à celui d'un généreux anonyme qui sortirait de sa poche particulière la bagatelle de cent mille francs. Générosité extraordinaire et qui pourrait bien n'être que le résultat d'un habile calcul.
Nous espérons que le ministre de l'intérieur n'autorisera pas cette souscription, édifié qu'il est à l'heure présente par les éclaircissements qu'apporte sur cette affaire un honorable négociant en diamants, M. Alphonse Ochs qui écrit au Temps :
Tout en applaudissant aux manifestations patriotiques sous quelque forme qu'elles puis-
sent se produire, je crois remplir un devoir de conscience vis-à-vis du pays auquel on fait appel, en déclarant que la valeur donnée à ce joyau est exagérée. La tour Eiffel en diamants a été vendue, le 18 juin 1891, dans une vente publique à laquelle assistaient tous les principaux joailliers et négociants en diamants de Paris, au prix de 220,000 francs.
Ayant été à cette époque charge officiellement d'une expertise par le tribunal de commerce de la Seine, j'ajouterai que le nombre de carats employé n'est pas de 3,000 environ, mais exactement de 1,670 carats diamants et 39 carats de roses.
Le procédé que blâme le signataire de cette lettre valait d'être mis à jour et on doit féliciter celui qui, par le seul énoncé des faits, l'a stigmatisé.
L'opération commerciale trop hardie qu'on a voulu essayer aura avorté heureusement.
Ceux qui l'avaient échafaudée sont déjà désavoues. Ils méritent encore d'être flétris pour avoir risqué de déflorer l'explosion si pure de la générosité et du patriotisme français.



1892  affiche de l exposition à Londres.


Et puis rien!! je n'arrive pas a trouver de suite, mais le 05-10-1943, le "Journal" fait un article sur ce qui était publié il y a 50 ans , en 1893.
On avait bien essayé de la refiler aux Russes en la faisant payer par les Français



« LE JOURNAL » il y a cinquante ans
5 octobre 1893 La réception de l'escadre russe
LA TOUR EIFFEL EN DIAMANTS

Monsieur le Ministre- de l'intérieur vient d'être saisi par M. le Préfet de l'a Seine d'une demande de M. A. Hennape, directeur du Journal du Commerce, tendant à l'ouverture, dans  les bureaux du ministère, d'une conscription publique, laquelle aurait pour but d'offrir au tsar un fac-similé en diamants de la Tour Eiffel.
• L'ensemble de ce  bijou colossal est, de tous points, admirable. il a coûté, dit la notice, 13.500 heures de travail ; sa charpente comporte 15 kilos d'or et d'argent et il étincelle des feux de 40.000 diamants et de 3.000 carats.
Cette Tour Eiffel au 300° se pare également de pierres fines et de rubis. De même que sa grande sœur, elle a un phare tournant, lequel, éclairé par la lumière, renvoie tes feux avec des couleurs variées.
La souscription sera présentée dans les termes ci-dessous :
Souscription publique :fac-similé de la Tour Eiffel en en diamant à offrir au Tsar
«Les soussignés, Désireux de voir cimenter l'alliance entre les deux grands peuples ; voulant, à l'occasion .du passage de son représentant, donner un gage de sympathie à l'auguste souverain, notre allié, « Décident qu'un royal cadeau lui sera offert par la démocratie française.
et, pour mieux rappeler dans le vaste empire de toutes les Russies une des merveilles de notre art français; de même que, pour perpétuer le souvenir de notre cordiale réception de Cronstadt, toutes les municipalités de France désireuses de voir aussi s'affirmer les- idées de paix, si nécessaires pour le  bien des peuples, s'associent dans une pensée commune pour leur offrir un fac-similé, en diamants, de la Tour Eiffel.
« Toutes les communes de France sont invitées à s'inscrire pour la somme unique de dix francs « Le calcul suivant a été fait : 
La Tour Eiffel .en diamants sera laissée à. 500.000 fr. Un seul souscripteur s'est déjà inscrit pour 100.000 fr. t Reste donc 400.000 fr.
 Si les 36.000 communes fournissent 10 fr., cela fera 360.000 fr.
 Par le concours de la Presse, on arrivera bien à fournir 40.000 fr.
 Ajoutons que-la tour en diamants est visible chez MM. Coulon et Cie*, 16, rue de la Paix, de dix heures à cinq heures. »

Tout en finesse , faire payer une oeuvre invendable par une souscription publique pour faire un cadeau au Tsar avec des arguments fallacieux, vous me direz....de nos jours...en 2018!!!!!! serait ce mieux?

Mais cette tour, nous savons qu'elle a été vendue 220.000frs en 1891, mais à qui?.... elle a due être démontée?



La conclusion on peut la trouver dans cet article de 1893 dans le journal " La Lanterne"

Peut être qu' un de mes lecteurs pourra nous éclairer sur ce qu est devenue la Tour en diamants.

Merci a Eric Schoonhoven pour son info, un homme d une grande gentillesse et un bon chercheur en Joaillerie, Voir son site: http://www.erikschoonhoven.nl/

* qui était Coulon 16 rue de la Paix?

Je vous recommande de lire l aventure de l 'escroc qui vendit la tour eiffel du champ de mars 

mardi 15 mai 2018

Le Saché Georges, grand joaillier modeste

Georges Le Saché, issu d une famille d'artistes,  fut un grand joaillier, un vrai professionnel, il travailla dans l ombre de ses grands clients, comme Frédéric  Boucheron ou Tiffany.
Il ne se mit jamais en avant , il est donc difficile de connaître sa production qui fut pourtant très importante. La maison Boucheron de nos jours cite souvent ses collaborateurs ou ses ateliers fournisseurs, ce qui est une excellente chose, mais ce fait est rare, et si nous n'avions pas Boucheron et Henri Vever!!!!!


Travail sur ivoire , un encrier or et émail de G Le Saché en 1892
N oubliez pas de cliquer sur toutes les photos pour les agrandir

Remontons un peu dans le temps: Jean-Jacques Le Saché, grand père de Georges, né à Caen en 1789, exerçait la profession de graveur, lorsqu'il fut incorporé, en 1808, au 22e régiment de chasseurs à cheval.
Il prit part aux campagnes d'Allemagne en 1809, un passage à Gand lui permet d 'être remarqué. La ville de Gand, faisait alors partie de l'Empire français, le maire l'avait chargé d'exécuter une médaille commémorative d'une exposition de dessin. « Ce jeune militaire qui embellit ses loisirs par la culture des arts, s'est acquitté de cette tâche honorable d'une manière qui ne laisse rien à désirer, dit l'oracle de Bruxelles, quant à l'invention du sujet, à l'élégance et au fini de l'exécution. » Jean Jacques fit la guerre d'Espagne de 1810 à 1812, d' Allemagne en 1813 et de France en 1814, au cours desquelles il reçut de nombreuses blessures : coups de feu, coups de lance, coups de sabre, coups de baïonnette, pieds gelés, etc. Il se fit remarquer dans différents combats et fut proposé pour la croix « pour s'être distingué par des traits de courage et de bravoure « (voir le Carnet de là Sabretache, no 177, sept. 1907, p. 568).
Rentré dans la vie civile, Jean.Jacques Le Saché reprit sa profession de graveur en médaille à la monnaie de Paris.


1877 Le père de Georges



Plus précisément Émile Le Saché, dessinait des "chiffres" et des "armoiries"

Le père de Georges était Émile Le Saché, né en février 1817, à Paris 11 ème élève du Baron Gros, il dessinait bien, faisait de jolies aquarelles et avait un réel talent de graveur en taille-douce, avec un tempérament de véritable artiste. Son aversion pour le commerce était telle qu'il ne voulut jamais s'occuper des affaires de sa femme, qui était établie au Palais-Royal à l'enseigne de la Belle Ferronnière, où elle vendait de la menue bijouterie

Peinture de William Bouguereau


Georges Le Saché, né en 1849, se destinait aux Beaux-Arts. Il passa les premières années de son adolescence dans les ateliers de peinture, entre autres dans celui de Bouguereau, ce qui dut lui former le gout.
 Ses débuts dans une carrière qui lui plaisait faisaient déjà concevoir les plus légitimes espérances, quand ses parents, désirant pour lui un avenir plus assuré que ne semblait le promettre l'art du peintre à cette époque, l'envoyèrent en Allemagne en 1866. Il entra en qualité de dessinateur dans l'importante maison de bijouterie de Friedman, bien connue des producteurs français de ce temps, où il fit ses premières armes dans nos industries. (henri Vever)

Il avait l'intention de fréquenter l'École des Beaux-Arts de Paris, mais ses parents craignant que cette carrière ne fût trop instable et désirant quelque chose de plus sûr, l'envoyèrent en Allemagne en 1866 à l'âge de 17 ans.
Une fois  en Allemagne, il ne tarda pas à repartir, voyageant cette fois en Angleterre où il étudia et apprit le plus possible, appliquant ses connaissances du dessin et du design à une variété d'arts 
décoratifs. 

C'est à Londres que vint le surprendre la déclaration de guerre de 1870. A cette nouvelle, Le Saché rentre en France où son patriotisme l'appelle et, incorporé au Ier bataillon des mobiles de la Seine, fait bravement son devoir de soldat, du 9 septembre 1870 au 7 mars 1871.(d apres Vever)

Le plus tôt possible, il retourna à Londres où il resta encore une année jusqu'à ce qu'il s'installe finalement à Paris et trouve du travail en tant que dessinateur pour le bijoutier Lucien Falize. De 1872 à 1877

 

En mars 1877 une société est formée entre Baucheron, Guillain et Georges Le saché,  et le 24 mai 1877, Georges épouse la fille de Mr Baucheron , Louise Baucheron




Les témoins vont déclarer sur l honneur que le nom de Georges Lesaché sur son acte de naissance est une erreur et qu il se nomme bien Le Saché en deux parties.




Et sur l acte de mariage l'un des témoins est Prudent Fredéric Boucheron, Chevalier de la Légion d honneur, 42 ans  demeurant 19 rue de Valois(au Palais Royal)  et il est noté sur l acte de mariage comme étant un ami



Je pense que cette information concernant ce poinçon et  venant du ministère de la culture n'est pas exacte, en effet il n'y a aucune trace de la société Boucheron & Le Saché.
J ai demandé aux services du patrimoine de la maison Boucheron qui ne trouvent pas d informations sur ce poinçon. Je renvoie a l acte de mariage ci-dessus, le témoin de mariage était bien Frédéric Boucheron mais c'était le mariage de Le Saché avec la fille de Mr BAUCHERON

Ainsi diverses personnes citent par exemple:
 Après cinq années de formation et d'expérience, il a rejoint le cabinet Baucheron & Guillain, pour finalement reprendre l'activité qui a ensuite duré 30 ans. Comme l'a noté Henri Vever, il est devenu l'un des designers et créateurs les plus populaires de Paris, fournissant aux grandes entreprises, y compris Tiffany & Co.,

En 1877, il épousa la fille de Baucheron qui, associé avec Guillain, avait alors une des fabriques de bijouterie les plus réputées de l'époque, et il entra dans cette maison qu'il était destiné à reprendre.(Vever)

 Baucheron et Guillain ont travaillé pour les principales maisons de la capitale, entre autres pour Boucheron. C'étaient d'excellents joailliers, qui formèrent un grand nombre de bons ouvriers. Louis Baucheron (1826-1905), entra en apprentissage vers 1840, chez Marret et Jarry, et ne tarda pas, sous la direction de son père, qui y était chef d'atelier, à devenir très habile. Il s'établit en 1860 et s'associa à Guillain, qui sortait de la maison Deschamps.(Henri Vever)

Des exemples similaires d'ivoire sculpté par le Sache et vendus au détail par Tiffany & Co. sont illustrés dans Bejeweled par Tiffany 1837-1987, Clare Phillips, éditeur, p. 33. Georges le Sache a commencé sa carrière en collaborant avec Lucien Falize, puis a repris l'importante entreprise de fabrication de Baucheron & Guillain (Skinner)  

Et surtout:

Modification de la Société.en commandite BAUCHERON et GUÏLLAIN, fab. de bijouterie rue jean jacques Rousseau 65, devenue en nom "Collectif' BAUCHERON et LE SACHE, jusqu'au 1er janv. 1880., — A partir de cette époque, elle redeviendra en commandite LE SACHE et Cie: •<-- Acte du ter fév. 1877.(annonce judiciaire)

A propos de Baucheron: c'est lui qui inventa le système, si employé aujourd'hui, pour le montage des boutons d'oreilles « à clous » appliqués sur l'oreille et dans lequel la tige, après avoir traversé l'oreille, est introduite au centre d'un petit disque creux, où elle est maintenue par un cliquet ou ressort intérieur. Il prit, en 1868, un brevet pour ce système, que son chef d'atelier, nommé Traus, tenta de modifier pour prendre lui-même un autre brevet.



1879 

Epingle de cravate Buste de Jeune Homme de la Renaissance, fabriquée par Georges le Saché pour Boucheron émail peint sur or, monture or ajouré serti de quatre saphirs ronds (taille coussin)Archives Boucheron, livre de stock et livre client : livrée par Le Saché le 10 décembre 1879 ; vendue à madame de Lancey le 20 décembre 1879.Musée des Arts décoratifs Paris photo Jean ThLes lots 167(1), 168(2) et 169(3) constituent un rare ensemble de pièces en or émaillé, rubis, saphirs et ivoire réalisé par Georges Le Saché qui travailla pour Boucheron entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Celui-ci était connu pour la finesse de ses sculptures sur ivoire comme en témoignent les trois objets qui passent en vente dans les jours à venir et qui datent de 1892 et 1899. Ce sont des objets particulièrement étonnants et atypiques.






Le boîtier circulaire en ivoire sculpté, décoré de tulipes émaillées multicolores et de motifs floraux, le haut centré d'un cabochon rubis dans un cadre émaillé bleu, s'ouvrant pour révéler un compartiment contenant une plume en poudre avec un manche en ivoire sculpté, 1899, 5,5 cm , avec des marques de dosage françaises pour l'or
Signé  Boucheron Paris pour Frédéric Boucheron. Revendu par Christie's




Boîte d allumettes et cigarettes en or 8 carats, ivoire et émail, Georges Le Saché pour Tiffany & Co., France, avec une chaîne en or, France.
L'étui formé de deux segments d'ivoire sculpté à motifs foliacés et de petits fruits, surmonté de sections dorées de trèfle et de feuilles rehaussées d'émaux multicolores, signée Tiffany & Co., avec marque de fabricant pour Georges Le Saché et marques françaises; suspendu à une chaîne en filigrane d'or, longueur 60 pouces, avec des marques de dosage françaises; fin du 19ème siècle.
C'est une revente de Christie's , notons que pour Tiffany Le Saché a fabriqué l objet en 8 cts, a moins que la maison de vente ait fait une erreur avec 18cts ???



Ces objets de Le Saché sont datés entre 1880 et 1890




Cet objet est un allume cigare en ivoire or et émail fabriqué entre 1880 et 1895 par Georges Le Saché il est en ivoire or, et émail




Ceci est un manche d ombrelle, des matières merveilleuses mais surtout...le dessin, environ 1880 à 1899???




En 1881 dissolution de la société Baucheron et Le Saché, cette société qu il avait constituée avec son beau père en 1877


1885 Une paire de jumelles Le Saché, c'est son style!




Les mêmes jumelles revendues par la célèbre maison de Londres WARTSKI , mais la maison les date de 1880. http://www.wartski.com/




1885.  son poinçon, il est installé au 19 rue des Pyramides à Paris et le restera 35 ans



D'apres, la maison d'nchères Skinner,
Tabatière rare en ivoire  sculpté et saphir, de Georges le Sache, vendu par Tiffany & Co., France, 19ème siècle,motifs sculptés dans l ivoire et sertis de saphirs cabochons, montures en or 18 carats, , marque de fabricant LS pour le Sache  signés Tiffany & Co.
Note: Des exemples similaires d'ivoire sculpté par le Sache et vendus au détail par Tiffany & Co. sont illustrés dans Bejeweled par Tiffany 1837-1987, livre de Clare Phillips, 




1890 d'après Vever



Broche Joaillerie Georges Le Saché


Broche diamants brillant et émeraudes cabochons




L excellente maison Hancock's de Londres, très sérieuse sur les historiques des joailliers  a revendu cette très belle pièce
Pendentif Art Nouveau en or et émail de Georges Le Saché, vers 1900, magnifique pendentif et chaîne en or jaune 18 carats orné d'une figure sculptée en ivoire d'une nymphe nue debout sous des branches de glycines dans un cadre en or   Les boucles de cheveux flottantes autour d'elle et elle porte une seule fleur de glycine comme un collier.
De Georges Le Saché Période Art Nouveau vers 1900*






Accompagné d'une boîte en cuir marron  avec à l'intérieur  une plaque en métal est fixée dans l' écrin sur laquelle on peut lire 'LA FÉE AUX GLYCINES'







C'est une boite à épingles en Ivoire , à deux compartiments ouvrants, figure de femme à l antique en or, email blanc et noir.


1895? broche platine diamant et perle revendue par Dekker antiquaires à Amsterdam




En 1891 Georges Eugene le Saché a quarante et un ans, sa femme trente trois ans, ils ont un enfant , Jean Jacques Le Saché qui décédera le 21/7/1982 a 91 ans à Paris, nous le retrouverons plus tard dans cet article. 


En 1891 Georges Le Saché execute ce diadème pour Boucheron



Ce merveilleux travail d Ivoire  a été réalisée par Georges le Saché en Ivoire, or et pierres précieuses
C'est une boite à Billets de banque



Boite réalisée en 1893 pour Boucheron



Détails de la boite à billets de banque





1893 cette pièce en cristal de roche, or, email , pierres précieuses est de Georges Le Saché



Cette  montre Art Nouveau,  pendentif avec boîtier sur mesure et une broche est Signé Patek Philippe & Cie, Genève, mouvement no. 107'964, fabriqué en 1896 pour Georges le Saché
Cal. Mouvement à levier orné de 10 pi en nickel, compensateur bimétallique, enroulement de loups, cuvette à enclenchement avec émail bleu royal translucide sur fond moteur, cadran en émail blanc, chiffres arabes noirs, divisions minuscules de chemin de fer et cinq pièces or arabe divisions minuscules, boitier circulaire sur mesure, lunette décorative en relief et saphir, trèfle émaillé vert clair translucide et bordure à décor de diamants, fond ajouré orné d'un luth assis dans un paysage, rouleau en relief, cabochon rubis et émeraude en forme d'arc en forme de trèfle en émail vert émeraude, volute et translucide vert émail, émail vert clair et orange émaillé couronne en forme de fleur, broche en or ajourée, rubis et émeraude assortie représentant une femme tenant une fleur.




A l époque les patrons comme Le Saché ( 19 rue des pyramides) passaient une annonce pour trouver un apprenti, de nos jours les futurs apprentis doivent démarcher les patrons pour essayer de se faire embaucher. A l époque les parents payaient le Maître d'apprentissage, de nos jours c'est l inverse.
J en eu un , il y a ...des années que j avais pris à l essai, ce n'était pas merveilleux, mais quand au bout de dix jours , il me demanda la date de ses vacances, me dit qu il avait des droits, etc , je convoquais les parents pour mettre fin à la période d'essai.............


C'est la maison Christie's qui a revendu ce coffret d ivoire, d'émail et d'or
De forme rectangulaire, le couvercle à charnière en ivoire sculpté serti de huit cartouches d'oiseaux et de motifs foliacés, l'écrin représentant musiciens, danseurs et fleurs dans un cadre architectural, l'émail champlevé multicolore géométrique et la jante dorée, le poussoir cabochon rubis s'ouvrant pour révéler trois compartiments en ivoire, 1892, 7.7x3.6x1.8 cm, avec des marques de dosage françaises pour l'or
Signé FIC Boucheron pour Frédéric Boucheron, no. 31 mais fabriqué par Georges le Saché





Bouteille de Parfum réalisée pour Boucheron par Georges Le Saché
Conçu comme un flacon de parfum oblong sculpté en ivoire décoré de motifs foliacés, rehaussé de feuilles d'émail vert et bleu et de trèfles en rubis cabochon, rehaussé de cosses de saphir cabochon serties, 1892, 6,0 cm, avec des marques françaises pour l'or
Signé FIC Boucheron Paris pour Frédéric Boucheron, no. 285



C'est difficile d'écrire sur des gens comme Le Saché, car les maisons pour qui il a travaillé ne le citent pas. Autant la maison Boucheron a cité dans des livres écrits à leur demande sur Boucheron  les oeuvres de Le Saché en indiquant que c'est lui qui les avait conçues et fabriquées, autant Tiffany (du moins dans les livres qui lui sont consacrés) ne le cite pas et pourtant ces pièces ont été certainement fabriquées par Le Saché pour Tiffany.
Ci dessus un encrier, un sceau, et une boite d allumettes de la fin du XIX eme.




Grande Jardinière, fabriquée par G.Le Saché pour Boucheron



Flacon à Parfums fabriqué par G Le Saché pour Boucheron



1900 Le Saché  photo michelle Stewart


Merveilleux etui de Georges Le Sache pour Tiffany en or et émail


Le poinçon de Georges Le Saché


La marque de Tiffany's, ces photos m ont été gracieusement fournies par Heritage Auctions, maison de vente importante aux Etats unis: www.HA.com



1901 la revue de la Bijouterie Joaillerie relate  la remise de médaille a G.Le Saché


 

Robert le Saché, Fils de Georges



Bulletin de la société de Géographie Commerciale dont le saché était membre



1907 la maison était toujours au 19 rue des pyramides


1920 le poinçon de Le Saché Frères


La maison Christie qui l a revendu le date de 1921

Une boite en Ivoire , superbe travail.
Le corps rectangulaire en ivoire de section ovale, appliqué avec deux bandes dorées représentant des fleurs stylisées et un feuillage décoré d'émail noir, blanc, gris et vert pâle à la base d'onyx et couvercle à charnière 1921, 9,2 cm de haut, avec marque française
Signé Boucheron, Paris, avec la marque du fabricant pour Georges le Saché



Qui était marcel Le Saché ????


1932 dans les archives commerciales de France, les deux fils de Georges, Jean Jacques et Robert fondent une société installée au 19 rue des pyramides



Cette broche a été conçue par Georges et Jean entre 1937 et 1939. Destinée au marché, elle a été transportée à Genève et protégée pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a ensuite été conservée dans la famille et donnée à la mère des vendeurs, l'actrice Pamela Stirling. souvenir de son mariage  dans les années 1950.



Georges et Jean Le Sache,  émail noir surmontée d'un turban serti de grenat, de saphir, de turquoise et de perle avec un diamant. 
Cette broche était accompagné de documents que la maison de vente "Saleroom " a publié.



Papier de Jean Jacques Le Saché fils de Georges et photo de Georges le Saché agé


Papiers de Jean Jacques Le Saché


Un faire part de mariage de Jean Le Saché avec Genevieve Bessault


Ces dessins seraient de Georges Le Saché


Ceux ci aussi

D autres documents figuraient dans cette vente mais sans explications.






Les fils de Georges transfèrent la société au 15 rue de Castellane




Peu de choses sur Robert le Saché, il participa a de nombreuses ventes aux enchères pendant la deuxième guerre mondiale



1942 dans le journal Coemedia



Georges Le Saché était présent aux obsèques de son fils en 1943 "Journal Le Matin"



En 1950 son frère Jean est toujours installé au 15 rue de Castellane  comme expert.


En 1957 il est déclaré comme fabricant au 15 rue de Castellane

Il existe en effet une maison "Lesaché et guillemin" bijoutiers Joailliers dont le poinçon était  LS freres et une bobeche dans l Azur de 1999 c'est a dire le meme poinçon depuis 1920!!!!!

Des renseignements, des documents je suis preneur: richard.jeanjacques@gmail.com

Rue de la Paix en 1923

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